juillet 12, 2020
Comprendre la Parole

Envoyé pour sauver de la mort

5e Dimanche du carême-A

Envoyé pour sauver de la mort

Nous voici au dernier dimanche catéchuménal. Jésus défie la mort qui trouble tant les hommes. Il pose une question essentielle à saveur catéchétique pour interpeller personnellement la foi de chacun : « Moi, je suis la résurrection et la vie, nous dit Jésus. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en  moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ».

 

Jésus est la vie

Dans cet évangile, tout nous fait goûter la vie. Nous sentons avec Jésus la douceur d’avoir une famille amie à Béthanie. La vie, ce n’est pas être toujours en train de courir pour les autres à perdre haleine. C’est aussi savoir s’arrêter et recevoir des autres, leur hospitalité, et tous les gestes de délicatesse  qu’une saine amitié peut inspirer au coeur des humains. Ce village Béthanie, El Azarieh se traduit toujours aujourd’hui en arabe, « le village de Lazare ». Mais en hébreu, son sens est autre « Beith aneiah » et signifie la « maison du pauvre ». Cela nous réveille de nos vies d’égoïsme comme pour nous  rappeler que la vraie vie, c’est celle qui ouvre les portes de nos villages et de nos maisons  aux pauvres pour qu’eux aussi puissent se sentir en famille. Jésus qui n’a pas d’endroit où  reposer sa tête était comme les Sdf (“sans domicile fixe”). Avec ses disciples, il trouve là à Béthanie la joie de la chaleur humaine chez Lazare, Marie et Marthe. La narration du récit est fluide, et le ton des deux soeurs est familier lorsqu’elles envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». L’amour colore la vie et diminue la lourdeur des situations angoissantes. Jésus nous apprend en face de Marie et de Marthe que la vie, c’est aussi se porter vers les affligés ou les laisser venir à soi pour les soulager : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos » (Mt 11, 28). La vie, c’est partager non seulement la joie d’un repas pris en commun, mais aussi compatir profondément aux douleurs de l’autre : « Jésus pleura ». Il ne s’arrêta pas à l’émotion, mais il tirera son ami des griffes de la mort qui pour lui n’est qu’un sommeil. Le repos que Jésus donne à un cœur affligé devant la mort est d’un type particulier. Il ne dramatise pas la mort.

 

Jésus en face de la mort

Le livre d’Ézéchiel nous montre Dieu comme le Dieu des vivants et non celui des morts. Il a le pouvoir de sauver l’homme. C’est lui seul qui peut le faire passer de la mort à la vie. La première lecture fait ainsi allusion à la condition des exilés. Partir en exil rend improbable l’issue du retour. Pour Israël, laisser sa terre, le lieu de l’adoration par excellence du Dieu de l’univers, équivaut à la mort. Le prophète Ézéchiel n’était pas préparé à la déportation lorsque Nabuchodonosor envahit le pays, prend Jérusalem et conduit les notables à Babylone en 597 avant Jésus-Christ. Avec Ézéchiel, le peuple saura trouver un nouvel équilibre en Mésopotamie, dans un monde  culturel  radicalement différent. L’homme encore aujourd’hui vit des situations de mort devant lesquelles il tremble. L’actualité se focalise sur les ravages que fait le coronavirus. Mais il y a aussi des guerres à travers le monde qui sèment la psychose dans la vie des peuples entiers. Jésus vide la mort de son pouvoir sur l’homme : la mort physique n’est qu’un sommeil, un passage qui conduit au réveil (Mt 9, 24 ; Jn 11, 11). Et si Jésus minimise ainsi le pouvoir de la mort, plus rien ne doit plus faire peur au chrétien. L’homme croyant peut retrouver sa sérénité en Jésus. Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en nous, il redonnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui demeure en nous.

 

Dans ma vie

Toutes les fois que l’homme veut se défendre contre la mort, il se laisse envahir par la peur qui lui trace des sentiers qui s’éloignent de Jésus, la Source de la vie. C’est alors qu’il rencontre la véritable mort sur le chemin des idoles.

 

À méditer

Et si Jésus minimise ainsi le pouvoir de la mort, plus rien ne doit plus faire peur au chrétien. L’homme croyant peut retrouver sa sérénité en Jésus. Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en nous, il redonnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui demeure en nous.

 

(Ez 37, 12-14 ; Rm 8, 8-11 ; Jn 11, 1-45)

Père Antoine Tidjani

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