mars 31, 2020
Comprendre la Parole

Être parfait comme notre Père céleste est parfait

7e Dimanche du temps ordinaire-A

Être parfait comme notre Père céleste est parfait

 

Nous aimons tous la perfection dans la réalisation des choses.  Mais nous nous heurtons souvent à nos propres limites qui nous arrachent les propos du genre : « la perfection n’est pas de ce monde ». Et pourtant Jésus nous rappelle d’où nous venons pour pouvoir fonder en nous les racines de la perfection. Notre Père céleste, c’est Dieu et il est parfait. Notre devoir est de l’imiter à travers ce que Jésus nous  donne de connaître de Lui en paroles mais aussi en actes. Le sens secret des textes du jour se laisse percevoir à travers deux voix qui crient en nous : celle de l’homme charnel qui résonne la haine et la violence ; celle de l’homme céleste qui fait resplendir l’amour et la miséricorde. L’homme venu d’Adam est violent et vindicatif. L’homme qui par le baptême est venu du Christ et qui devient le temple de l’Esprit, doit se laisser transformer de l’intérieur. Il est modelé sur le Christ et ne riposte pas au méchant.

 

L’homme venu d’Adam

L’instinct de vengeance est ce que l’homme porte le plus dans son cœur. L’homme offensé se laisse prendre dans une spirale de violence qui le porte à rendre de façon démesurée le coup qu’il a reçu. C’est cette voix qui chante sur les lèvres de Lamek dans le livre de la Genèse : « Caïn, sept fois fut vengé… Lamek, soixante-dix fois sept fois, sera vengé » (Gn 4, 24). C’est pour contenir ce flot de violence que la loi de Moïse a énoncé « la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent ». Ainsi, Dieu trouvait le moyen d’entreprendre le processus de l’éducation progressive du cœur de l’homme. L’offensé, à travers cette loi, est appelé à faire subir à son agresseur le strict coup qu’il a reçu de sa part (Ex 21, 24 ; Lv 24, 20 ; Dt 19, 21). En dehors de la loi du talion, d’autres lois ont essayé aussi de limiter la violence du cœur de l’homme. Le code  d’Hammourabi  qui  relevait des droits coutumiers de l’Ancien Orient s’inscrivait aussi dans cette optique. Malgré tous ces efforts, l’humanité n’est pas à bout de la violence aussi bien physique que verbale. Des guerres intestines qui déciment toute une famille ; des insultes sauvages qui blessent profondément les faibles sans défense qui pourtant n’ont rien fait pour mériter cela ; des procédés magico-sorciers qui sont des moyens hypocrites de sauver en apparence les bonnes relations pour mieux réussir son coup, ne sont pas du reste dans l’art de la destruction massive sans raison apparente. Pour survivre, l’humanité a besoin d’un autre modèle qu’elle trouve en Jésus.

 

L’homme modelé par le Christ

Jésus nous trace le chemin de la perfection qui a son origine en Dieu. L’attitude du silence face au violent est la première manifestation d’une force d’âme dont seul Dieu est capable. Isaïe l’annonce au sujet du Christ : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats » (Is 50, 6 ; Mt 26, 67 ; 27, 30). Cette attitude limite la violence à celui qui la perpètre. Il ne trouve pas dans la personne de celui qui reçoit ces coups une nouvelle raison pour justifier sa violence. Celui qui subit la violence dans le silence refuse d’apporter sa pierre à l’édification d’un monde de guerre où l’homme comme une bête fauve se repaît volontiers du sang d’un autre. Il laisse au violent un espace de réflexion sur sa propre méchanceté et d’en avoir honte. Il montre au monde le véritable exploit. Celui-ci consiste à ne pas rendre le mal pour le mal et à pardonner à l’homme qui se complaît dans le mal. Jésus nous le rappelle de diverses manières : «  Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix sept fois » (Mt 18, 22). Sa propre vie en témoigne sur la croix : « Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Étienne montre à sa suite que l’homme soutenu par la grâce de Dieu peut bien y arriver. Il « se mit à genoux et s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7, 60).

 

  • Dans ma vie

Si tu peux savoir combien la violence fait de toi un homme qui construit avec Satan un monde qui anéantit la vie, tu auras honte qu’un moindre acte de violence puisse venir de toi.

  • À méditer

Étienne montre à la suite du Christ que l’homme soutenu par la grâce de Dieu peut bien y arriver. Il « se mit à genoux et s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur compte pas ce péché » ( Ac 7, 60).

 (Lv 19, 1-2. 17-18 ; 1 Co 3, 16-23 ; Mt 5, 38-48)

Père Antoine Tidjani, Bibliste

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