février 28, 2020
Questions/Réponses

« Si tu veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle ». Père, suffit-il vraiment de le vouloir pour être fidèle aux commandements du Seigneur ?

Question

« Si tu veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle ». Père, suffit-il vraiment de le vouloir pour être fidèle aux commandements du Seigneur ?

Maxime LOKOSSA, Brocheur 

Réponse

Mon frère, les textes de ce 6e Dimanche du temps ordinaire A nous invitent à méditer sur la part que nous prenons dans l’obéissance à la loi de Dieu. Dans ce sens, Ben Sirac le Sage pose  une condition  qui te semble discutable. « Si tu veux, tu peux ». Comme le dit si bien Saint Paul, le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais » (Rm 7.19). Suffit-il vraiment de vouloir pour être fidèle aux commandements de Dieu ? Qu’entend-on alors par la volonté et quelle est son orientation chez le chrétien ?

 

La volonté en général

La volonté est une faculté psychologique qui permet à l’homme d’exercer rationnellement, d’après les normes et principes moraux, son libre choix de poser un acte ou de ne pas le poser. Elle implique ipso facto la double notion de liberté et de responsabilité. En conséquence, la volonté est fondamentalement différente du « désir » qui peut ne pas aboutir à un acte rationnel et libre. Le souhait s’apparente à la « velléité » qui, au fond, est une volonté affaiblie, hésitante et inopérante. Nous nous trompons donc beaucoup sur le véritable sens du mot « volonté ». La volonté aboutit toujours à un acte libre et responsable en correspondance avec un choix. Quand le Siracide dit : « Si tu veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester  fidèle », il est bien dans la logique de la volonté et non du simple souhait.

 

La volonté chez le chrétien

Le croyant, ou mieux, le chrétien a une exigence dans l’expression de sa volonté : il ne devrait vouloir que ce qui est conforme à la volonté de Dieu. Le chrétien n’exerce pas sa volonté en choisissant pour ou contre un commandement de Dieu. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la dernière phrase de la première lecture : « Il (Dieu) n’a donné à personne la permission de pécher ». Il existe des limites aux bornes de la volonté du chrétien. C’est ce que nous pouvons appeler l’obligation morale du chrétien. Il n’a, devant une alternative, qu’une seule possibilité : vouloir ce que Dieu veut. Toute la deuxième lecture reste dans cette perspective de la différence de l’orientation de la volonté entre un chrétien et un non-chrétien. Tout l’évangile participe de cette même logique : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens, mais moi je vous dis ». Jésus propose chaque fois de choisir ce qui participe réellement du bien de l’homme.

 

Connaître le mystère de la Sagesse de Dieu

La question que tu m’adresses aujourd’hui renvoie, en arrière-plan, à l’ignorance par l’homme du dessein du salut de Dieu, et donc du mystère de sa Sagesse. Ceux qui, par la grâce du Saint-Esprit, découvrent vraiment le projet de Dieu sur l’homme, obéissent de soi à ses commandements. Saint Paul s’évertue à l’expliquer aux Corinthiens et à nous aujourd’hui. Cette connaissance engendre la foi dont la racine est fidélité et confiance. L’infidélité aux commandements de Dieu, la faiblesse de notre volonté à lui obéir procèdent pour ainsi dire de  l’ignorance de notre pleine connaissance du projet de bonheur de Dieu pour l’homme.

Mon frère, invoquons l’Esprit. Qu’il nous éclaire sur le projet de Dieu. Ainsi, nous appliquerons notre volonté à ne vouloir que ce que Dieu veut..

Père Jean OUSSOU-KICHO, Directeur du Complexe scolaire catholique de Bassila

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