Le Chiffre de la semaine

16 milliards

 

La Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) est passée sous l’administration de la gestion déléguée. C’était l’un des objectifs fixés dans le cadre de la mise en œuvre du Millenium Challenge Account (Mca) conclu par le Bénin en 2015 avec le Gouvernement américain. Le souci, semble-t-il, est d’accompagner l’amélioration de la gouvernance de la Société très mal en  point sur le plan financier, en opérant de profondes réformes dans le sous-secteur électricité. Du coup, il s’est imposé à la Sbee, une réforme tarifaire entérinée par le Gouvernement béninois réuni en Conseil des ministres le 4 décembre 2019. Elle se traduit par le maintien du statu quo en 2018. Ensuite, une augmentation de 5% est à opérer de 2019 à 2020. Puis de 2020 à 2021, une augmentation de 10% sera appliquée. Ce qui devrait induire le renforcement du coût de l’électricité avec les effets multiplicateurs sur beaucoup d’autres prix.

Apparemment préoccupé par les conséquences de ladite réforme tarifaire, le Gouvernement a décidé d’apporter une subvention à hauteur de 16 milliards pour amoindrir le choc. Une approche ponctuelle appelée à disparaître. Or, la solution aux problèmes de l’électricité au Bénin doit s’inscrire dans la durée. Et de ce point de vue, la gestion déléguée, avec son corollaire de réforme tarifaire, n’est pas une fin en soi. Il s’agit surtout de faire dans le sous-secteur de l’électricité, des investissements innovants susceptibles de fournir du courant de qualité en quantité suffisante à plein temps et au moindre coût aux populations. C’est la seule condition d’amener le sous-secteur à être le vrai levier de développement du pays. Autrement, les subventions à coup de milliards vont faire le beurre d’un groupuscule, et les problèmes d’électricité vont malheureusement demeurer.

Smith

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