février 28, 2020
Le Chiffre de la semaine

109

En procédure d’urgence, les députés procèdent à la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 au petit matin du 1er novembre 2019. Le nombre de députés passe de 83 à 109. En soi, réviser la Loi fondamentale n’a rien d’extraordinaire.

En revanche, ce qui est extraordinaire et même gênant, c’est d’augmenter le nombre de parlementaires à 109. Ce qui certainement serait effectif après vérification de contrôle de constitutionalité et promulgation par le Chef de l’État. En vérité, le parlement béninois dans son état actuel n’a nullement besoin de 26 autres députés supplémentaires. À 83 ils étaient sous employés. Se réduisant à des séances de ratification d’accords de crédits souvent avec une cinquantaine, parfois beaucoup moins de députés se présentent à l’hémicycle. Le contrôle de l’action gouvernementale, les enquêtes parlementaires sur tel ou tel dossier à scandales qui devraient impacter la gouvernance du pays sont sans suite d’une mandature à une autre. Et cette défaillance n’est pas due au nombre de députés que compte l’Assemblée nationale. Dans ces conditions, relever le nombre de députés à 109 est un gâchis.

Les 26 nouveaux députés vont coûter aux contribuables béninois au bas mot un milliard de Fcfa par an. Alors qu’on a besoin de moins d’argent pour recruter 10.000 instituteurs afin de régler le problème de l’effectif pléthorique d’enfants dans les salles de classe. On en a moins besoin pour sortir des milliers de diplômés sans emploi de la précarité. On en a moins besoin pour financer des activités génératrices de revenus des milliers de jeunes et par ricochet, créer des richesses et contribuer au développement de la Nation. Tel est le défi et non l’augmentation du nombre de députés qui ne fera pas avancer le pays ; mais plutôt, aura un effet contraire..

Smith

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