septembre 15, 2019
Comprendre la Parole

Une paix universelle et non une paix de réseaux fermés

20e dimanche du temps ordinaire-C

Une paix universelle et non une paix de réseaux fermés

La paix est un don de Dieu. C’est le signe de la présence de Dieu au milieu de nous. C’est pourquoi l’annonce du Messie a été porteuse d’un message de paix pour toute l’humanité : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14). Le prophète Isaïe salue sa naissance comme celle du « prince de la paix » (Is 9, 5). Le prophète Zacharie entrevoit les temps messianiques comme des jours où seront retranchés d’Éphraïm, les chevaux et où l’arc du combat sera détruit. Le Messie, annonçait-il, parlera de la paix aux nations et cette paix dominera de l’étendue d’une mer à l’autre, du fleuve jusqu’aux extrémités de la terre (Za 9, 10). Jésus lui-même recommande à ses disciples de répandre la paix sur leur passage : « Dans quelque maison où vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ! » (Lc 10, 5). Il finit son parcours terrestre en léguant l’héritage de la paix à ses disciples : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). C’est vrai qu’il ajoutera un bout de phrase qui ne manque pas de signification : « Je ne la donne pas comme la donne le monde ». On comprend à travers toutes ces annonces prophétiques et les paroles mêmes de Jésus, que le Messie ne veut qu’une seule chose : la paix pour tous. Mais à la recherche de cette paix universelle qu’il veut, s’étendent des enclos de paix qui sont autant de foyers de guerre contre qui n’appartient pas à l’enclos. La venue du Messie avec son message de paix tombe aussi dans un monde qui fonctionne par options : le choix de Dieu là où les hommes préfèrent les idoles de l’argent, du sexe et du pouvoir à tout prix, déclenche de vives tensions entre familiers qui ne suivent pas une même option. Syméon l’annonce dans sa prophétie au sujet de l’Enfant-Messie : « Cet enfant sera pour la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël. Il sera pour le monde un signe de contradiction » (Lc 2, 34).

 

Au prix de vives guerres contre soi, Jésus construit la vraie paix

La paix que donne le monde se construit en général sur du mensonge. Cela consiste à flatter les oreilles en disant ce qui fait plaisir et qui n’apporte rien de consistant aux hommes. Jérémie a été jeté dans une citerne de boue pour avoir servi la prophétie dans toute sa véracité. L’évangile nous porte à dire la vérité qui bouscule, qui met en crise la conscience et qui convertit. L’homme en général a peur de regarder en face ce qu’il est. Il n’accepte pas la lumière qui puisse venir des lèvres d’un autre pour illuminer sa conscience. La guerre naît de là, drastique et implacable contre ceux qui osent nous dire la vérité selon l’évangile. L’évangile est comme un miroir qui réflète notre laideur. L’image de notre laideur révélée par l’évangile nous attriste sur le coup mais c’est pour nous faire cheminer vers l’image de Dieu qui est en nous et que le péché recouvre. Le jour où nous comprendrons que celui qui nous sert la vérité de la part de Dieu n’est pas notre ennemi, nous jouirons d’une vraie paix de conscience, celle qui nous libère pour vivre en paix avec nous-mêmes, avec Dieu et avec tous. Nous vivons souvent une fausse paix fondée sur des zones protégées de notre vie qu’on a peur d’exposer à la lumière de l’évangile.

Une autre façon de construire la paix est celle à laquelle nous convie la vie de Jésus dépeinte dans l’épître aux Hébreux en deuxième lecture. Ainsi donc on n’est pas en vérité en paix quand on la construit sur la ruine des autres qui pleurent sous notre regard hautain et pacifique. La véritable paix n’est pas non plus la culture d’une vie d’indifférence qui passe à côté des autres qui triment en se pâmant des succès personnels qui garantissent des conditions de vie pacifiques. C’est en renonçant à la joie qui lui était proposée que Jésus a enduré l’épreuve de la croix par laquelle il a assuré la paix à tous. La paix advient dans ce monde de guerre, quand on accepte des compromis où l’on perd quelque chose même de très significatif pour le bien de tous. La vraie paix s’épanouit au bout de la lutte contre soi-même, contre le moi personnel et égoïste.

 

  • Dans ma vie

Suis-je capable de militer pour la paix de tous ou suis-je le bâtisseur d’une paix compartimentée qui construit des murs de séparation à l’intérieur desquels l’on se soutient contre les autres ?

  •  À méditer

C’est en renonçant à la joie qui lui était proposée que Jésus a enduré l’épreuve de la croix par laquelle il a assuré la paix à tous.

  • À lire

(Jr 38, 4-6. 8-10 ; Hé 12, 1-4 ; Lc 12, 49-53)

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