octobre 19, 2019
Editorial

Les leçons de la Can 2019

Permettez-moi de commencer cet éditorial par un cri d’écureuil, même si l’équipe du Bénin a perdu mercredi le quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations contre le Sénégal. Car les Écureuils ont fait vraiment rêver. Ils quittent la Can 2019 après un parcours exceptionnel et historique, tout en ayant bousculé, comme la surprenante équipe malgache, la hiérarchie des équipes nationales africaines. En effet, le Bénin a atteint pour la première fois le quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, donnant de la fierté à tout un peuple. En quelques jours, le moral de nombreux Béninois a été gonflé à bloc. Et dire qu’après il va falloir retrouver la brute actualité de la vie sociopolitique et la grisaille de l’ordinaire de nos vies… Mais voyons les choses du bon côté ! Tirons plutôt les leçons de cette Can qui nous a fait passer d’intenses moments de joie et d’émotion.

Première leçon : le collectif prime sur l’individuel. Les Écureuils ont montré un sens remarquable du collectif qui a porté ses fruits. Chacun a essayé de donner le meilleur de lui-même pour le bien de l’ensemble.  C’est là une grande qualité du cuir rond : favoriser le dépassement de soi et de son égoïsme, voire même l’esprit de sacrifice. Pour preuve : les équipes les plus séduisantes de ce tournoi ne sont pas celles qui comptent sur le papier les nombreux talents individuels, mais celles qui ont su créer un esprit d’équipe et la joie de jouer ensemble.

Deuxième leçon : un besoin de communion nationale identifiée çà et là après chaque belle prestation de l’équipe nationale. Ici, les Écureuils ne sont pas de tel ou tel parti politique mais les joueurs de l’équipe nationale. Ils ont suscité en beaucoup de Béninois, une sorte de fibre patriotique exprimée dans un nationalisme pacifique. Cela explique l’étrange processus d’attachement à l’équipe nationale qui a vaillamment défendu le drapeau béninois.

Troisième leçon : le parcours des Écureuils a comme réinventé l’unité nationale. Durant quatre-vingt-dix minutes, les différences sociales, ethniques, religieuses sont gommées, dans une liesse indescriptible où toutes générations et classes sociales peuvent vibrer ensemble pour saluer la victoire de la nation.

Peut-être que ces leçons nous inspireront dans d’autres domaines que le football dans le sillage du parcours des Écureuils. Juste un dernier mot : de grâce, ne les abandonnons pas au vestiaire. Ce sera la meilleure façon de dire Bravo aux Écureuils !

Related Posts