octobre 19, 2019
Editorial

Face aux défis de la solidarité

Dans la société béninoise, l’individualisme paraît se renforcer chaque jour. Repli sur soi, faible confiance dans l’autre, affaiblissement de l’engagement citoyen, recul des institutions et des organisations de la société civile, en seraient l’illustration. De plus en plus, certains d’entre nous passent des moments difficiles de chômage, de maladie, de manque de moyens de subsistance, qui les fragilisent durablement. Il devient ordinaire de rencontrer des Sans domicile fixe (Sdf) dans nos villes, des personnes en rupture de liens sociaux que nous ne considérons qu’au travers de leur situation, sans que personne ne s’en offusque. En réalité, ils ont perdu leur statut d’individu dans le corps social. Or, cette situation porte un risque social pour l’avenir de notre pays.

Ces signaux sur l’état du lien social interrogent la nature de notre organisation de la solidarité et l’efficacité de l’intervention sociale auprès de nos populations, alors que de nombreuses Organisations non gouvernementales (Ong) et des associations de la société civile prétendent intervenir dans le social.

Au fond, le défaut principal de notre organisation sociale consiste aujourd’hui dans une recherche du profit à tout prix, une consommation frénétique, une cohésion sociale en perte de vitesse et la dégradation des liens familiaux. Face à cela, un véritable changement de mentalité est nécessaire, comme nous y invite le Pape Benoît XVI dans son Encyclique sociale Caritas in veritate dont nous célébrerons les dix ans de publication ce dimanche 7 juillet 2019. Ce changement de mentalité nous amènera à adopter de nouveaux styles de vie « dans lesquels les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune » (Caritas in veritate, 51).

Pour ce faire, nous avons besoin de comprendre le sens de la solidarité pour en vivre réellement : elle naît quand on ne peut se passer les uns des autres. Une barque en perdition a besoin de tous ses rameurs. La défaillance d’un seul met en péril tous les autres. Et ce qui est vrai pour un petit groupe, l’est aussi pour une nation. C’est le défi important que nous avons à relever pour la cohésion de notre lien social, en organisant la solidarité de façon plus efficace.

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