octobre 19, 2019
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RÉVOLUTION NUMÉRIQUE DE L’EDITION : Chance ou menace pour le livre

RÉVOLUTION NUMÉRIQUE DE L’EDITION

Chance ou menace pour le livre

“Google” et “Amazon”, deux entreprises de commerce en ligne, ont bousculé les pratiques traditionnelles de l’édition et de l’achat par l’introduction de la version électronique du livre. Dans ce siècle du « tout numérique », les maisons d’édition catholique se mettent au pas avec diverses stratégies.  À Rome, les premières Journées internationales de l’édition catholique annoncent des réformes conséquentes dans le secteur tandis qu’au Bénin, les libraires professionnels s’organisent afin de lutter contre le piratage.

► Créer le réseau des entreprises missionnaires

Du 26 au 29 juin 2019, le Dicastère pour la communication du Saint-Siège a organisé à Rome, les premières Journées internationales de l’édition catholique. Une rencontre faite de partages d’expériences et de propositions de solutions pour faire face aux défis du numérique sans perdre de vue le statut missionnaire des entreprises de presse catholique.

 

« L’édition catholique est sans doute le meilleur moyen d’aller au plus près des gens ». C’est avec cette conviction de Jean Marie Montel, Directeur général adjoint de Bayard Presse, que s’ouvrent les premières Journées internationales de l’édition catholique à Rome. « Il y a une volonté de travailler ensemble, pour mettre en commun nos difficultés, nos envies et nos désirs. Avec l’arrivée du numérique, les frontières sont en train de s’effacer, et probablement qu’il nous faudra de plus en plus travailler ensemble », ajoute-t-il. Annoncées le 23 avril 2019 à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, ces Journées internationales de l’édition catholique ont pour objectif de réunir les éditeurs catholiques, petits et grands, autour des débats alimentés par des témoignages sur les expériences dans les différents continents, et les interventions des experts de la valorisation des produits. À cette rencontre, les éditeurs catholiques sont appelés à adapter leur approche, et à ne plus se considérer concurrents entre eux. « Les enjeux du numérique sont immenses. Travailler ensemble, entre éditeurs, permettra de mieux comprendre comment Internet peut devenir un atout, en répondant aux attentes », a conclu Jean Marie Montel avant de rappeler que l’Afrique se positionne comme l’avenir de l’édition catholique. Fort de cela, il souhaite une multiplication des synergies avec les éditeurs locaux.

Les débats en cours sont animés par plusieurs intervenants pour réfléchir « aux défis et aux difficultés qui se présentent aujourd’hui au monde de l’édition catholique dans un contexte de globalisation et de numérisation ».

Des tables rondes et un salon des éditeurs facilitent les échanges sur « les expériences de chacun dans son contexte culturel tout au long des journées, qui sont également marquées par des rendez-vous culturels ».

Florent HOUESSINON

► L’état des lieux de l’édition catholique au Bénin

Chaque année, des dizaines de livres sont écrits. Certains sont édités. D’autres pas. Au Bénin, les éditeurs catholiques fonctionnent sans qu’on ne soupçonne l’importance du travail qui est fait. L’éditeur catholique, en effet, est appelé à s’adresser à tous les publics. Car la vision chrétienne de la vie, d’après le catholicisme, doit être la même.

 

Ecrire dans l’Église n’est pas un fait anodin. C’est pour cela, que tous les écrits relevant d’actes de croyants catholiques et suivant une orientation religieuse et spirituelle requièrent une approbation en vue de leur publication. Sans cette autorisation de l’autorité ecclésiastique, les critiques faites à l’œuvre ne supposent aucunement la responsabilité de l’Évêque, ordinaire du lieu. L’autorisation officielle de publier dans l’Église trouve son origine avec la bulle pontificale Inter sollicitudines (1515) du Pape Léon X dans un contexte de Réforme protestante et de Contre-Réforme catholique en plein Moyen Âge.

  • L’Imprimi potest (peut être imprimé) est une autorisation reçue par un membre d’un institut religieux de son supérieur hiérarchique qui atteste de l’orthodoxie du contenu de l’œuvre écrite.
  • Le Nihil obstat (rien ne s’y oppose) est une exemption d’erreur doctrinale et garantit ainsi l’édition du livre qui concerne généralement la foi, la morale, la liturgie ou les Saintes Écritures. Cette approbation est garantie par un censeur de livre, délégué par l’Église.
  • L’Imprimatur (qu’il soit imprimé). L’Évêque, par la mention «Imprimatur» autorise directement l’impression de l’œuvre soumise à la censure. Il s’agit, en dernier ressort, de protéger la foi et les mœurs. Et pour cela, les lecteurs ont le droit de savoir quelle lecture ils doivent prendre au sérieux ou non.

L’urgence d’une fédération des éditions catholiques au Bénin

L’Église catholique au Bénin offre un catalogue d’éditeurs très variés. Ainsi, nous avons les Éditions : La Croix du Bénin, Isidore de Souza, Aurelius, Francis Aupiais, du Qic, Porte-Parole de la Parole de Dieu, du Chant d’oiseau, Saint Gall etc.

Comme on peut s’en rendre compte, beaucoup de lacunes sont observées dans la façon dont se comportent ces éditions catholiques. La plupart du temps, l’on se contente d’une préface d’un évêque ou d’un écrivain connu pour éditer des livres. Et on délaisse les canons de l’Église, c’est-à-dire les règles qu’elle s’est fixées pour continuer à annoncer la vérité au monde entier.

« Ensemble, on est plus forts». Ce slogan politique ne manque pas de pertinence. Le Seigneur Jésus a beaucoup insisté sur l’unité de ses disciples au point qu’il a consacré une prière spéciale dans l’Évangile de Jean à cette intention. La nécessité de la fédération des éditeurs catholiques n’est plus un axiome à démontrer. C’est une exigence de la mission et une urgence à réaliser. Si l’objectif partagé est le même, celui de porter le Christ au monde habité, alors la création d’un creuset de synergie s’impose.

Dans ce domaine, Bayard est un exemple d’action et de communion dans le domaine de la presse. Le groupe Bayard, en France, regroupe plusieurs entités telles que La Croix, le Pèlerin, Prions en Église, Notre Temps, etc. et fonctionne avec elles, chacune selon sa spécificité et sa ligne éditoriale. Ainsi, les efforts sont faits dans plusieurs dimensions pour élargir l’horizon et atteindre les cibles sociales. Bayard s’est beaucoup impliqué aujourd’hui dans les défis du numérique. En s’inspirant de son expérience tentaculaire, les structures de communications catholiques peuvent se faire appel pour définir une règle de fonctionnement qui honorent l’unité de la mission de l’Église.

Jean Claude KOUDESSA

La chaîne d’édition du livre

La publication d’un livre est l’aboutissement d’un travail laborieux qui requiert l’investissement de toutes les composantes de la chaîne d’édition.

Sérié en cinq étapes, le respect du chemin de publication est indispensable pour la conception efficace du livre.

 1. La création intellectuelle

C’est la matière première. L’auteur, inspiré, rédige son œuvre qu’il destine au public. À cette étape, l’auteur a sur sa table son manuscrit qui est inconnu du public.

2. De l’auteur à l’éditeur

La maison d’édition est l’espace dans lequel se rend l’auteur avec son manuscrit en poche. L’éditeur reçoit le manuscrit des mains de l’auteur et va effectuer un travail éditorial. Pour cela, la maison d’édition dispose d’ensemble de personnes qualifiées à savoir : les assistants d’édition, les correcteurs, les attachés de presse, les chargés de fabrication, les maquettistes, les graphistes. Pour le travail du livre proprement dit, il aura besoin d’imprimeurs, de photographes indépendants, de documentalistes et d’archivistes. Une fois, le travail éditorial fait, la maison d’édition fait ses observations quant aux conditions de recevabilité du manuscrit. Si l’éditeur accepte le manuscrit, il conclut un contrat avec l’auteur, qui peut être de deux natures. Le contrat d’édition peut être au compte d’auteur ou à compte d’éditeur. Il s’agit de financer l’impression, la publicité, le lancement, la distribution, la vente et le recouvrement de la vente de l’œuvre de l’auteur. Le contrat doit stipuler selon le compte de production les droits d’auteur et d’éditeur.

3. De l’éditeur à l’imprimeur

De lecture en lecture, l’auteur et l’éditeur concluent à la forme définitive de l’œuvre à publier. L’appel est fait à un imprimeur pour définir les conditions d’impression. On lui fournit un “Bon à Tirer” (BAT) qui a requis l’accord du contrat entre les deux parties.

4. L’impression

L’œuvre est imprimée en conformité avec le BAT fourni et livrée selon la quantité demandée. En cas de contentieux, l’imprimerie est impliquée à hauteur de ses responsabilités personnelles liées au travail et à la rigueur des conditions d’impression.

5. La commercialisation

Toutes les activités visant à diffuser l’œuvre publiée, donnent enfin l’occasion à l’auteur de se faire connaître. Un lancement peut être envisagé, de même qu’article de presse. Les librairies et lieux de vente de livres seront mis à contribution pour que le public ciblé puisse être enfin au parfum de l’intuition et de l’inspiration de l’auteur.


Qu’est-ce qu’une édition de livres ?

L’inspiration de coucher noir sur blanc un ensemble d’idées sensé informer ou apporter au public un plus ne manque pas dans les sociétés modernes. En témoignent les pamphlets qui sont réalisés ici et là dans le cadre d’événements divers qui animent la vie de la société.

Du latin editio qui signifie action de publier, l’édition désigne l’ensemble de tout le processus qui aboutit légalement à la publication de la production intellectuelle d’un auteur.

Le rôle de l’éditeur (différent de l’imprimeur) consiste à garantir au public un contenu qui respecte une ligne éditoriale qu’il s’est donnée. Ainsi, les formes de production peuvent être littéraire, scientifique, musicale, informatique, artistique etc.


Redorer le blason de la chaîne du livre au Bénin

Les libraires professionnels du Bénin ont tenu le jeudi 20 juin 2019 à Cotonou, un congrès constitutif au terme duquel ils ont élu leur premier bureau. C’était en présence des responsables des librairies publiques, privées et religieuses du Bénin.

« Un libraire est porteur de la diversité culturelle et contribue à l’enrichissement collectif à travers l’offre qu’il propose en librairie et sa capacité à la diffuser. De par son professionnalisme, il exprime la pertinence de son rôle et l’essentiel de son engagement vis-à-vis de ses clients, ses partenaires et son environnement ». C’est la qualité du libraire qu’a rappelée Mme Prudencienne Gbaguidi dans son allocution d’ouverture de la première assemblée constitutive de l’Association des libraires professionnels du Bénin. Ayant compris ce rôle éminent que joue le libraire dans la société, les acteurs de la chaîne du livre au Bénin ont décidé de se donner davantage de visibilité en affrontant désormais les défis relatifs à leur profession. Ceci a été effectif le jeudi 20 juin 2019, au cours d’une assemblée générale constitutive qui s’est tenue à la salle de conférence du restaurant Wasabi à Cotonou.

Sous la férule de Prudencienne Gbaguidi, directrice de la Librairie Notre-Dame, les libraires étaient nombreux à répondre présents. On pouvait compter dans leurs rangs : les représentants des librairies Notre-Dame, Sonaec, Delphina, Le Rosier, Librairie universitaire Rachel (Lur), Saint Augustin, Tundé, Le Bon Berger, Lbu. Ils ont amendé et adopté les textes fondateurs de l’Association des libraires professionnels du Bénin et procédé à l’élection des membres du Conseil d’administration et du Commissariat au compte. Selon le Professeur Adrien Huannou, Directeur de Ciref édition, « la lecture est indispensable pour la santé physique et mentale de l’Homme ». Il a salué l’initiative des libraires pour ce regroupement qui ne fera que renforcer et dynamiser la chaîne du livre. Prenant la parole, Dénis Avimadjessi, président de la fédération des écrivains du Bénin, a fait un état des lieux du secteur de la chaîne du livre et de la librairie au Bénin.

Il a déploré  le fait que les libraires béninois ne soient pas souvent honorés. Cette « association vient comme un éléphant donner du poids à la chaîne du livre », poursuit-il. Quant à Jean Florentin Agbonan, ingénieur culturel, la mission primordiale de l’association naissante devra être la lutte permanente pour une mise à disposition des œuvres de qualité. « Quand les œuvres sont irréprochables, la distribution est facile et toute la chaîne du livre en est bénéficiaire », ajoute-t-il. Dans son allocution à l’ouverture des travaux, le directeur des arts et du livre, Koffi Attèdé, a souhaité que les librairies soient désormais transformées en des lieux de loisirs accessibles à tout le monde. Aussi souhaite-t-il qu’une plus grande attention soit accordée aux libraires du Bénin afin de relever le défi de la lutte contre la piraterie. Après les travaux du présidium, et les élections aux différents postes, la rencontre s’est achevée par l’installation du tout premier bureau de l’Association des libraires professionnels du Bénin (Alpb).

Pentecôte TCHEDJI (STAGIAIRE)


Organes exécutifs et de contrôle de l’Alpb

Conseil d’administration

  • Présidente : Prudencienne Gbaguidi (Librairie Notre-Dame) ;
  • Vice-Présidente : Zena Fadoul (Librairie Sonaec) ;
  • Secrétaire général : Samuel Hounsa (Librairie Le Bon Berger) ;
  • Secrétaire générale adjointe : Sœur Agathe Koumaplé (Librairie St Augustin Lokossa) ;
  • Trésorière générale : Sabine Hounsa (Libraire Delphina) ;
  • Trésorière générale adjointe : Isabelle Mèdessè (Librairie Lbu) ;
  • Responsable à l’Organisation : Dietrich Aniambossou (Librairie Le Rosier).
  • Commissariat aux comptes de l’Alpb
  • Commissaire aux comptes : Léonce Quenum (Librairie Tundé)
  • Secrétaire au commissariat aux comptes : Oriane Saïzonou (Lur)

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