juillet 19, 2019
Politique

CRISE POST-ÉLECTORALE AU BÉNIN : À qui profite la dégradation de la situation ?

Crise post électorale au Bénin

À qui profite la dégradation de la situation ?

 

28 avril – 28 juin 2019 : cela fait exactement deux mois que la crise post électorale perdure au Bénin. Bien que l’ancien président Thomas Boni Yayi ait recouvré sa liberté de mouvement, et que le chef de l’État Patrice Talon ait exprimé sa ferme détermination à restaurer la paix, il flotte comme une atmosphère de malaise dans le pays.

Depuis fin avril, les débats qu’ils soient politiques ou non se focalisent sur les violences survenues les 1er et 2 mai à Cotonou et plus tard celles qui ont éclaté à Tchaourou et Savè entre les 7 et le 15 juin. Dans les buvettes, restaurants, les administrations, les sociétés, les centres de formation, les lieux de culte, on en parle. Les hommes politiques anciens comme nouveaux, les cadres et autres ne manquent pas d’apporter leur grain de sel aux débats. Ainsi, depuis un moment, les Béninois ont été suffisamment servis par des écrits et déclarations sur la crise que traverse le pays. Les réseaux sociaux, les colonnes des journaux, les radios et télévisions ainsi que d’autres canaux de communication sont pris d’assaut à cette fin. Chacun y va dans les commentaires selon sa sensibilité et vraisemblablement selon ses intérêts. Lettres ouvertes par ci, déclarations par là, articles de presse ailleurs. Tous les éléments sont mis à contribution pour donner sa position. À priori on devrait hausser les épaules et dire tant mieux. De bonne guerre en sorte.

Malheureusement, ces déclarations et lettres ouvertes sont empreintes d’invectives au point où on est en droit de se demander à qui profite la détérioration de la crise post électorale au Bénin. À cet effet, certains agissements interpellent la conscience. Et pour cause. Individuellement ou collectivement, certaines personnes  ont dans des adresses ou lettres ouvertes rendu responsables les anciens présidents Nicéphore Dieudonné Soglo et Boni Yayi de la détérioration de la situation post électorale. Au même moment, d’autres pointent du doigt le président Patrice Talon qu’ils accusent d’être à la manœuvre dans cette crise qui perdure dans le pays depuis deux mois.

En vérité, la situation dans laquelle est plongé le pays depuis avril ne profite ni à Patrice Talon, ni à Boni Yayi ni non plus aux populations qui en sont les véritables victimes. Un drame tout de même : à y voir de près il semble que certains hommes et femmes ont la prétention de tirer profit de la crise qui frappe le pays. De quelle manière ? Bien malin qui pourra répondre avec exactitude. Dans tous les cas, leurs prises de positions sur la crise n’ont rien de constructif. Tenez ! C’est parmi ces agitateurs et défenseurs d’un camp contre l’autre qu’on trouve certaines personnes qui s’étaient élevées contre la médiation que l’Église catholique romaine au Bénin a bien voulu offrir pour trouver une solution de sortie de crise. Malheureusement ces soutiens du régime et autres détracteurs ne proposent aucune alternative crédible pour juguler la crise. Tout au plus, ils répètent à tue-tête qu’il faut aller au dialogue qui est une initiative du président de la République. Qui pour conduire le dialogue et comment y aller ? Là-dessus ils attendent encore le président de la République pour lui emboîter le pas. Cela ne fait pas bien.

Au tournant où se trouve le Bénin, les approches de solutions d’où qu’elles viennent sont les bienvenues. L’Église catholique dans aucun pays du monde ne revendique la paternité ni l’exclusivité des actions destinées à sauvegarder et préserver la paix. Sa démarche s’inscrit toujours dans la dynamique d’une contribution durable aux côtés des autres forces qui partagent cet idéal avec elle. Qu’importe celui ou celle qui prend la direction de l’initiative. L’essentiel est que le dialogue s’instaure et que la paix règne. Certes le dispositif policier autour du domicile de l’ancien président Boni Yayi est levé, ce qui est un petit pas dans la décrispation. Mais beaucoup d’autres pas sont attendus pour une paix durable.

Dans la situation actuelle, le président Patrice Talon insiste sur le fait que l’autorité de l’État doit être respectée. Ce qui est normal. Mais comme on le dit : à chaque rythme sa cadence. C’est pourquoi il est important que le chef de l’État joue à fond sur le dialogue politique en écoutant les uns et les autres dans un esprit de consensus. Ce qui suppose que l’opposition aussi s’inscrive dans cette dynamique avec des préalables réalistes car l’enjeu c’est le Bénin.

 

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