juillet 19, 2019
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FIN DE L’ANNÉE SCOLAIRE 2018-2019 AU BÉNIN : Tirer leçon de l’accalmie pour affronter les défis

Fin de l’année scolaire 2018-2019 au Bénin

Tirer leçon de l’accalmie pour affronter les défis

Les activités pédagogiques de l’année scolaire 2018-2019 se sont déroulées sans anicroche sur toute l’étendue du territoire national. Enseignants, associations de parents d’élèves et élèves s’en réjouissent tout en proposant des solutions pour améliorer davantage le fonctionnement du système éducatif au Bénin.

►  Le présage de bons résultats aux examens nationaux

Cette année, les élèves ont suivi normalement les programmes scolaires. Ils ont également amélioré leurs connaissances grâce aux travaux dirigés et aux examens blancs. Résultats d’une année scolaire sans débrayage. Mais malgré l’apaisement, beaucoup de défis sont à relever dans le secteur.

En décembre 2018, quelques syndicats du primaire, de la maternelle et du secondaire ont manifesté leur mécontentement d’être évalués par un concours de circonstance. Un mouvement d’humeur qui a créé le malaise chez les parents d’élèves, les directeurs d’établissements privés et publics, et les élèves eux-mêmes. Ils avaient tous peur que la nouvelle année scolaire ne verse dans le tourbillon des grèves en cours depuis une décennie. À l’accostage, le bateau n’a pas pris l’eau. Une expérience très riche certainement.

« Les cours n’ont pas été expédiés par la pratique habituelle des séances de rattrapage. Les programmes ont été achevés suivant le quota horaire. Ce qui est à saluer ». C’est le constat que fait Arielle Hagli, élève en classe de Seconde au Ceg Vêdoko, au terme de cette année scolaire. « Mes camarades et moi sommes devenus grands dans la tête », ajoute-t-elle. Au collège d’enseignement général de Sègbèya à Cotonou, Gildas Dada, élève en classe de Terminale, adresse un satisfecit aux enseignants : « Ils se sont donnés à la tâche cette année. Ils nous ont consacré le meilleur d’eux-mêmes. Ils sont revenus sur les points d’ombre et ont dissipé les peurs avant les examens ». Certes « nous avons reçu plus d’enseignements que l’année 2017-2018. Ceci étant, je déplore l’absentéisme sans justification de certains de nos professeurs. J’espère que l’année prochaine sera davantage meilleure », relativise Rita Chabi, élève en classe de 5e au Ceg1 de Natitingou.

Certains enseignants du département du Littoral approuvent également l’ambiance dans laquelle les cours ont été dispensés. « Il n’y a pas eu de difficultés en tant que tel. Nous avons travaillé de septembre à mai sans interruption. Normalement, on doit espérer de bons résultats », explique Salim da Silva, Docteur en Lettres modernes. Samson Anagonou, enseignant au Ceg de Tori-Bossito renchérit : « En termes d’avancée, nous pouvons dire que l’année scolaire a été apaisée. C’est un effort louable ». « Il faut souhaiter que cela perdure les années à venir. La seule doléance que je pourrais formuler, c’est que les emplois du temps dans les lycées et collèges soient disponibles à temps, surtout pour les professeurs honoraires qui vont se préparer plus tôt », précise Goedfroy Y., professeur de français dans les lycées et collèges à Natitingou.

L’une des réformes novatrices introduites par le gouvernement béninois est la bancarisation progressive de tout le système. À vrai dire, cela devrait pallier les difficultés liées au payement des enseignants, réduire les chantages des comptables dans les établissements et faciliter le suivi effectif des enseignants en poste. Cependant, on est loin du compte dans le règlement des difficultés du système éducatif. Au nombre des problèmes, enseignants et inspecteurs citent : le manque de recyclage des enseignants, le retard criant dans le payement des primes de vacation, la situation des enseignants vacataires sans statut et livrés à une insécurité totale dans le système, les failles dans le décompte des heures. « Ça murmure trop dans le rang des enseignants. Nos frustrations s’amoncellent. Les députés doivent revoir la loi sur l’encadrement du droit de grève », prévient Steeve Comlan, instituteur à Cotonou.

Florent HOUESSINON

►  Résoudre les problèmes récurrents

(Propos recueillis par Alain SESSOU et Abraham PADONOU)

Construire de nouvelles infrastructures scolaires

Epiphane Azon (Président de la fédération nationale des Associations des parents d’élèves et d’étudiants du Bénin)

En tant que parent d’élèves et au nom de l’Association des parents d’élèves du Bénin, je suis, à certains égards satisfait de l’année scolaire 2018-2019 qui s’achève. En effet, durant toute l’année il n’y a pas eu de débrayage. J’ai vu des enseignants dans les classes avec les élèves. Maintenant, les cours se sont-ils bien déroulés ? Je ne saurais le dire avec exactitude. Les résultats des examens nationaux en cours vont nous édifier. Mon souhait est que pour les années à venir, on continue de voir les enseignants dispenser les cours sans mouvements de grève. Ceci dit, l’année qui s’achève a révélé des problèmes auxquels il faut s’atteler dès maintenant pour que l’école béninoise aille mieux. Je voudrais donner juste deux exemples.

Le premier est le manque criant d’enseignants constaté dans les écoles au cours de l’année scolaire 2018-2019. Si cette difficulté a pu être contournée au niveau du secondaire avec les vacataires, ce n’est pas le cas dans les écoles primaires publiques. Car, on a vu des écoles primaires publiques à six classes qui ont fonctionné toute l’année avec deux ou trois instituteurs. Cela ne fait pas bien, même s’il n’y a pas eu grève. Par conséquent, je souhaite vivement que le Gouvernement recrute suffisamment d’enseignants de qualité pour l’encadrement des enfants les années à venir.

Le deuxième problème qu’a connu l’école au cours de l’année scolaire qui s’achève est lié aux infrastructures. Certains établissements ont fait face à un manque criant d’infrastructures. D’autres ont des infrastructures qui ne sont pas du tout adéquates. Dès lors, le Gouvernement doit mettre en place une politique pour résorber progressivement les difficultés liées aux infrastructures scolaires qui sont déterminantes dans la qualité de l’enseignement.

Recruter des enseignants de qualité

Victor Assogba (Instituteur à l’école primaire publique de Kobérou, N’Dali)

Nous pouvons louer la décision qui institue une journée de salubrité dans toutes les écoles béninoises, l’organisation des examens blancs sur le plan départemental, et la planification trimestrielle des activités. Néanmoins, l’année a connu des aspects peu reluisants. Nous avons l’impression que l’État s’est désengagé de la formation continue des enseignants. Pire, il paraît décourager le recrutement des enseignants communautaires qui pourraient sauver les meubles. De plus, nous observons le retard des subventions destinées au fonctionnement des activités pédagogiques dans les écoles. Ces points négatifs de l’année scolaire, peuvent constituer des défis pour l’an prochain. Nous félicitons par ailleurs la tenue à bonne date des examens.

Renforcer la sensibilisation dans les villages

Noël Soadé (Enseignant à l’école primaire publique de Témé, N’Dali)

Les différentes mutations opérées en pleine année scolaire ont démobilisé les instituteurs. Elles ne facilitent pas un bon accompagnement des enfants. Ils ont de plus en plus de difficultés à s’exprimer en Français. Le Baatonnu semble prendre le pas sur la langue de travail ici à Témé : le Français. Les parents aussi n’aident pas les enfants à poursuivre les études. Ils ont démissionné par rapport à leur responsabilité. Pire, certains viennent chercher les enfants en cours pour les emmener au champ. Les enfants, quant à eux, sont laissés à eux-mêmes. Ce qui ne facilite pas un suivi efficace. De plus, après ces années d’expérience du nouveau programme, nous voyons qu’il peine à être vraiment utile pour les enfants surtout ceux des villages.  Il est nécessaire de désengorger l’emploi du temps car il n’aide pas à déployer amplement chaque leçon. Prendre en compte ces problèmes, ferait de l’année scolaire 2019-2020, une meilleure année scolaire.

 

►  Le Jardin d’Enfants “Les Neems” fête 55 ans d’existence

À l’occasion de la fête de fin d’année marquant le 55e anniversaire de création du Jardin d’Enfants “Les Neems”, le personnel a rendu grâce au Seigneur le samedi 8 juin 2019 dans l’enceinte de l’école. Messe et activités culturelles ont marqué cette célébration.

  « Juin 1964-juin 2019, il y a 55 ans que notre Jardin d’Enfants a été fondé. C’est une grâce ! Et quand Dieu fait grâce, il faut rendre grâce », s’est réjouie Sœur Emma Gbaguidi, Ssa, directrice du Jardin “Les Neems”, à la fin de la messe célébrée par le père Bertrand Tomètin, et concélébrée par les pères Hubert Kèdowidé et Léonard Kpoklou, avec la participation joyeuse des écoliers et des parents. Le père Bertrand Tomètin a rappelé cette citation de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui a su trouver sa vocation au sein de l’Église : « Oui, j’ai ma place dans l’Église et cette place oh mon Dieu ! C’est vous qui me l’avez donnée. Dans le cœur de l’Église, ma mère, je serai l’Amour ». Et à travers ces paroles de Sainte Thérèse, il a prié le Seigneur afin qu’il donne « la sagesse nécessaire » aux enfants pour qu’ils grandissent dans la paix et dans la joie et « accomplissent la mission pour laquelle ils ont été envoyés sur terre ». « Oui ! Nous sommes venus dire merci à Dieu pour le don de la vie, de la santé, de la paix, pour son amour et sa vérité. C’est de lui que nous recevons l’être et le mouvement », a déclaré la directrice du Jardin d’Enfants “Les Neems”, Sœur Emma Gbaguidi. Elle a invité les enfants à être sages pendant ces périodes de vacances. À cette occasion, elle a remercié les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres et tous ceux qui ont œuvré pour le bonheur de plusieurs générations d’enfants dans ce Jardin. Elle a souhaité que le personnel travaille davantage dans la solidarité afin de prendre soin des enfants, cadres de demain. Au cours de cette cérémonie, les membres du nouveau bureau de l’Association des parents d’élèves ont été présentés. « Notre plus grand défi aujourd’hui, c’est de rendre cette association plus fonctionnelle qu’elle ne l’est déjà, de faire de cette association un creuset où chaque parent se sent concerné et impliqué dans les activités du Jardin d’Enfants », a souhaité Phrodie Ayemonna, présidente de l’Association des parents d’élèves. « C’est une grande joie pour nous parents de constater que l’année scolaire se termine en beauté et que nous avons la chance de découvrir, les talents de nos enfants dans le domaine artistique », a-t-elle conclu. Les activités culturelles et la coupure du gâteau ont achevé la journée de fête.

Ferrante GNIMADI (Stagiaire)

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