juillet 19, 2019
Editorial

Droit à une enfance épanouie

Commençons par des chiffres. 152 millions d’enfants à travers le monde, âgés de 5 à 17 ans sont exploités par le travail selon les dernières estimations de l’Organisation internationale du travail (Oit). Parmi eux, 79 millions sont impliqués dans des travaux dangereux, d’après les mêmes données. Et l’Afrique continue d’être la région avec la plus grande incidence de travail des enfants : 72 millions d’entre eux sont contraints de travailler, surtout dans les carrières de pierre, les fermes et les mines. Soit plus d’un enfant sur 5 à l’échelle continentale. Ces chiffres vertigineux parlent d’eux-mêmes : l’exploitation économique des enfants est un fléau en pleine expansion. Et le Bénin n’est pas mieux classé : le taux national du travail des enfants a franchi la barre des 52%, selon l’enquête par grappes à indicateurs multiples (Mics) réalisée par l’Unicef en 2016.

Pourtant, le Bénin s’est doté de plusieurs textes de lois pour lutter contre le phénomène tels que le Code des personnes et de la famille et, plus récemment, la loi n° 2015-08 portant Code de l’enfant en République du Bénin. Mais sur le terrain, rien ne change qualitativement malgré la litanie des conférences et tables rondes suivies de bonnes résolutions. En réalité, l’ampleur de ce phénomène appelle à un bouleversement radical. Aussi bien au niveau des mentalités qu’au niveau des politiques de protection des enfants.

Il est impérieux de cesser de priver nos enfants « de leur droit à l’enfance, à une bonne éducation et à grandir en sécurité et à l’abri du danger ». « Comme adultes, ne volons pas la capacité des enfants à rêver. Favorisons un climat d’espérance, où grandissent et se partagent leurs rêves : un rêve partagé ouvre la voie à un nouveau mode de vie », nous indique le Pape François dans le tweet qu’il a fait diffuser à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin dernier. Cette prise de conscience est fondamentale alors que nous célébrons la Journée de l’Enfant africain ce 16 juin. Ce sera déjà un premier pas, humble et résolu vers l’éradication de ce fléau ! J’en rêve.

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