octobre 19, 2019
Politique

La Conférence épiscopale indique la porte de sortie

Gestion de la crise post-électorale au Bénin

La Conférence épiscopale indique la porte de sortie

 L’installation des députés de la huitième législature à la suite d’une élection contestée par l’opposition béninoise est bien loin d’apaiser la crise qui frappe depuis un moment le Bénin. Face à l’incertitude dans laquelle le pays est plongé, des initiatives sont prises pour baisser la tension. Dans ce cadre, la Conférence épiscopale du Bénin, fidèle à son attachement à la paix, a une fois encore indiqué la voie à suivre pour l’unité des fils et filles du Bénin à une période où le pays est profondément divisé.

 

Le public se souvient encore de la Lettre pastorale de ce Carême 2019 de la Conférence épiscopale, lettre intitulée : La vérité vous rendra libres. Depuis lors et de façon plus engagée, les évêques du Bénin ont multiplié les démarches pour la sauvegarde de la paix dans le pays. On peut citer entre autres : déclarations, communiqués et même des rencontres avec des autorités politico-administratives. Objectifs : participer à la culture de la paix et prévenir d’éventuelles scènes de violences. Malheureusement pour ce cas d’espèce, ils n’ont pu essuyer que regrets et amertume. C’est ce qu’il convient de retenir du communiqué final qui a sanctionné la troisième session plénière ordinaire de la Conférence épiscopale du Bénin tenue du 21 au 23 mai 2019 au Grand Séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji dans le diocèse de Lokossa.

Selon ce communiqué proclamé par leur porte-parole, Mgr Eugène Cyrille Houndékon, évêque chargé de la communication sociale : « Sur le plan sociopolitique, la Conférence épiscopale du Bénin note avec regret la déconstruction progressive de l’esprit et surtout de l’héritage de l’historique Conférence des Forces Vives de la Nation. Malgré leurs multiples démarches et interventions en vue de l’organisation d’élections législatives inclusives, les évêques du Bénin ont vécu avec amertume la poursuite du processus électoral qui a abouti à l’installation d’un nouveau parlement sans les partis d’opposition, de même que la vague des violences post électorales qui ont occasionné des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels ». Tout en invitant les acteurs politiques de notre pays à maintenir les principaux acquis de cet événement majeur et fondateur de notre histoire commune, les évêques du Bénin « renouvellent à l’endroit des acteurs politiques de tous bords, leur offre de médiation impartiale en vue d’une vraie réconciliation entre les filles et fils du Bénin. Car sans un vrai dialogue dans l’écoute mutuelle et la recherche de la vérité et de la justice, aucune communauté humaine politique ou religieuse ne peut prospérer ». En réalité, « non assumés totalement et non intégrés par l’esprit du peuple, tout projet de société et toute réforme risquent d’échouer à moyen ou à long terme ».

L’autre préoccupation également majeure des évêques du Bénin qui retentit ici comme un préalable nécessaire voire indispensable à toute porte de sortie de crise, reste et demeure ce plaidoyer : « En prélude au dialogue, la Conférence épiscopale du Bénin plaide auprès des autorités pour le retour au bercail de tous les fils et filles du Bénin contraints à quitter le territoire national pour une raison ou une autre, la jouissance totale des libertés d’expression et de mouvement par tous les citoyens et enfin, la restauration d’un climat de paix et de confiance dans le pays ». Et les évêques du Bénin de conclure : « En effet, le développement souhaité pour notre pays ne saurait s’opérer sans un vivre-ensemble apaisé et harmonieux. Et tout pouvoir, quel qu’il soit a besoin de contre-pouvoirs pour son équilibre ».

Convaincus que nous ne pouvons rien sans le Tout-Puissant Créateur du Ciel et de la Terre ainsi que de tout ce qu’ils contiennent, les évêques du Bénin ont tenu à renouveler leur « invitation à prier le Dieu de la paix, le Souverain Maître des peuples, pour qu’il continue de protéger et de bénir notre patrie commune, le Bénin. Et que la Vierge Marie, Notre-Dame d’Arigbo intercède fortement pour nous ».

Guy DOSSOU-YOVO

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