octobre 19, 2019
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JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FAMILLE : L’enjeu fondamental de l’éducation

Journée internationale de la FAMILLE

L’enjeu fondamental de l’éducation

Célébrée le 15 mai 2019, la Journée internationale de la famille est placée cette année sous le thème : « La Famille, lieu d’éducation sexuelle de l’enfant, de l’adolescent et du jeune ». Institutions internationales et nationales, gouvernements et autres composantes de la société ont à travers plusieurs initiatives marqué cette thématique. Retour sur l’enjeu fondamental de l’éducation au Bénin et dans le monde.

  Premier pèlerinage national des familles: écouter l’évangile de la joie

 La grotte mariale Notre Dame d’Arigbo de Dassa-Zoumè a abrité les 18 et 19 mai 2019, la première édition du pèlerinage national de la famille. Plus de 1500 pèlerins, enfants et parents venus de tous les dix diocèses de l’Église Catholique au Bénin ont prié aux pieds de la Vierge Marie, mère des familles.

 

«  Évangile de la Famille, Joie pour le monde ». Tel est le thème qui a été la feuille de route de la méditation des pèlerins entourés de leurs aumôniers et des religieuses du samedi 18 au dimanche 19 mai 2019 au sanctuaire marial de Dassa, trois jours après la célébration de la Journée internationale de la Famille. Les exercices spirituels qui ont meublé ce pèlerinage sont entre autres le chemin de la croix, la récitation du chapelet en procession aux flambeaux avec la statue de la Vierge Marie, l’adoration du Saint Sacrement. À ces activités s’ajoutent les moments de confession, la messe, des conférences et des instants d’échanges avec les conseillers conjugaux sur les questions de régulation des naissances, la paternité et la maternité responsable.

Ce pèlerinage de la famille a rassemblé des groupes et associations qui œuvrent dans la pastorale familiale. On peut noter la présence de l’Action catholique de la famille (Acf), l’Association des Femmes Catholiques, la communauté « Fleurs de la Sainte Famille » de l’archidiocèse de Cotonou, le Service de la famille « Défense de la Vie » du Renouveau Charismatique Catholique, l’Ong « Etoile des Promoteurs de la Dignité Humaine », la communauté « Mère du Divin Amour » et celle « Dieu Famille ». Toutes ces structures ont été réunies sous la houlette de l’évêque chargé de la famille et du laïcat au sein de la Conférence épiscopale du Bénin, Mgr François Xavier Gnonhossou, Sma. Les pèlerins ont été nourris des enseignements, de la Parole de Dieu, et de l’eucharistie.

En effet, la communication du père Théophile Akoha sur le thème de la journée du samedi peut-être résumée en trois interrogations : Comment la famille peut être source de joie pour le monde ? Comment elle peut être aussi source de tristesse pour le monde ? Quelle attitude le chrétien peut avoir face aux idéologies et à la culture du genre ?

Quant aux enfants, ils ont bénéficié d’une causerie animée par M. Marie-Hervé Zountchégbé. Ils ont compris que pour que nos familles soient en joie, il faut qu’elles accueillent l’évangile. Après les enseignements et la procession aux flambeaux a eu lieu la messe de la première journée vers 20h. Elle a été présidée par le père Jean-Marie Botchi, aumônier national de l’Acf et animée par la chorale Hanyé de Paouignan.

La messe de clôture a été présidée par Mgr François Gnonhossou et concélébrée par une vingtaine de prêtres le dimanche dans le sanctuaire Notre-Dame d’Arigbo de la Paix. La liturgie des chants a été assurée par la chorale polyglotte des jeunes du sanctuaire.

Au début de l’eucharistie, le prélat a félicité tous les organisateurs de ce premier pèlerinage de la famille qui est le socle de toute Nation. Dans son homélie, l’évêque de Dassa a donné une lumière sur la déclaration de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». « La famille est le fruit de l’amour et la source de notre communion », a-t-il insisté. En ce sens, il a précisé la mission de la famille à savoir son devoir d’être toujours le promoteur de la transmission de l’amour de Dieu, l’étoile de Dieu au sein de notre vie et le sel du monde. Mgr Gnonhossou a également invité le peuple de Dieu à aller à l’école de la Sainte Famille et a recommandé la récitation de cette prière des complies dans les maisons : « Nous t’en supplions, Seigneur, visite cette maison, et repousse loin d’elle toutes les embuches de l’ennemi ; que tes saints anges viennent l’habiter pour nous garder dans la paix ; et que ta bénédiction demeure à jamais sur nous. Par Jésus le Christ notre Seigneur, Amen ». « Vive la pastorale de la famille au Bénin ! », s’est-il exclamé.

La bénédiction solennelle par laquelle la célébration eucharistique a pris fin à 12h20 a été précédée par le mot de remerciement du nouveau recteur du sanctuaire, le père Fortuné Badou et la présentation des aumôniers par le père Sylvain Accrombessi.

Les pèlerins sont rentrés chez eux, heureux d’avoir vécu le premier pèlerinage national des familles.

Père Blaise EGBÈKPON

  Création de l’Observatoire International des Familles à Rome

 

Du 12 au 15 mai 2019 s’est tenue à Rome, à Il Cantico, près la Place Saint Pierre, la première Assemblée générale des experts désignés pour la mise en place d’un Observatoire International des Familles pour le Saint-Siège. Voulu par le Pape François et coordonné par l’Institut Pontifical Théologique Jean-Paul II, l’Académie Pontificale pour la Vie, l’Université Catholique de Mursia et le Dicastère pour les laïcs, la Famille et la Vie, l’Observatoire a pour mission de cerner et de comprendre la réalité des familles dans le monde de notre temps. Son Assemblée constitutive a connu la présence des experts venus du Bénin, de la Chili, de la Mexique, des États-Unis, de l’Espagne, de la Finlande, du Kenya, des Iles Qatar, de la Tchécoslovaquie, du Liban, de l’Italie, de la France. À l’ouverture des travaux, quatre interventions ont permis de comprendre l’identité de la nouvelle création.

D’abord, Mgr Vincenzo Paglia, Grand Chancelier de l’Institut Pontifical Théologique Jean-Paul II et Président du Conseil Pontifical pour la Vie, précise les contours du nouvel Observatoire : « Notre observatoire veut tenir sur pieds toute la terre à travers les familles du monde entier. Nous voulons entrer dans la réalité des familles. Nous voulons considérer les relations précieuses et délicates entre familles, sociétés et vie. Cet observatoire est unique au monde. Et son unicité est aujourd’hui indispensable pour jeter un regard réel sur les familles, pour observer, réfléchir et rendre généreuse la force de notre espérance et la sagesse de notre foi ». Il se fonde sur la définition que Cicéron laisse de la famille, principium urbis et seminarium republicae, pour exhorter à une étude approfondie de ce réel humain qui demeure le séminaire de la citoyenneté et le fondement de la cité.

Ensuite, le Docteur José Luis Mendoza Pérez, Président fondateur de l’Université Catholique de Mursia en Espagne, a mis l’action sur le caractère international de l’observatoire. Il s’agit d’un instrument fondamental au service de l’Église et de la Société puisque la famille est lieu de sanctification et de protection de la vie humaine et sociale. Sa mission est le moteur de l’Observatoire : aider à une existence digne des personnes ; promouvoir les valeurs humaines fondamentales ; apporter une contribution scientifique à la promotion intégrale des personnes humaines. En ce sens, l’Observatoire a une vision globale et une vocation universelle et complexe au service de la famille et de l’Église.

En outre, le professeur Gilfredo Marengo, Directeur de la Chaire Gaudium et Spes près l’Université du Latran, s’est accentuée sur les acquis du Concile Vatican II pour affirmer que l’Observatoire est appelé à analyser la réalité des familles dans le monde contemporain en portant un regard contemplatif sur les personnes et sur les événements qui les constituent dans le temps et dans l’histoire. Par ailleurs à la question de compréhension méthodologique posée par les Docteurs Brice Ouinsou du Bénin, Olivia Eugenia Nunez Orellana de Mexique et Juan Pablo Faundez Allier de la Chili, des clarifications ont été apportées successivement, par la présentation des Docteurs Francesco Belletti, Directeur scientifique de l’Observatoire, et Georgia Casanova, Chercheur à l’Observatoire. Il s’agit d’utiliser les méthodes d’approches scientifiques et empiriques pour observer, raconter, lire et décrire les familles humaines comme organismes vivants à l’intérieur des dynamiques historiques et culturelles contemporaines. Il s’agit d’une lecture laïque et réaliste de la famille abordée comme un capital humain, une ressource sociale, une bonne nouvelle pour les personnes et pour les sociétés.

Enfin, pour parvenir à sa vocation, l’Observatoire opte pour une recherche en synergie et interdisciplinaire. Il s’agit de construire une collaboration pour travailler ensemble sur une période triennale : 2019-2021. Le thème des premières années des recherches est intitulé : Famille et Pauvreté : Aspect relationnel et aspect économique. L’objectif est de parcourir les conditions internes à la vie des familles. Un exposé de mise en route a été donné par le Docteur Michel Roy, Secrétaire Général de Caritas Internationalis. Il a mis l’accent sur la solidarité famille, la pratique de l’amour selon les infinitifs pastoraux : servir, accompagner, promouvoir et protéger dans l’esprit des béatitudes. Pour accompagner efficacement les travaux et pour la communication permanente de l’Observatoire, un site Web : Family International Monitor, est constitué en décembre 2018, animé et présenté par le Mgr Andrea Ciucci et Mademoiselle Tatiana Paradiso à Rome.

Sous la direction de Pietro Zander, les experts ont effectué dans l’après midi du 14 mai une visite guidée et priante à la Basilique Saint Pierre. Ils ont été reçus en Audience le 15 mai 2019 par le Pape François qui a exhorté les uns et les autres à la vigilance pour ne pas succomber à la tentation. En définitive, la nouvelle naissance permettra au monde et à l’Église de donner la possibilité d’une vie nouvelle aux familles humaines.

 

  La famille, socle du bien-être social

 (Propos recueillis par Alain SESSOU et Florent HOUESSINON)

 

« Il y a lieu d’agir, de former et d’éduque »

 

Francine Aïssi Houangni (Présidente de la Fondation  “Antou Pour Tous”)

La famille béninoise a de l’espoir. Nos paroisses jouent un rôle important pour sa sauvegarde par les séances de formation et la catéchèse. Nous devons les accompagner dans la sensibilisation à travers une volonté politique assurée qui se penche véritablement sur l’avenir de la famille au Bénin. Même si nos États ont besoin de moyens pour assurer l’éducation des enfants, la volonté politique doit prendre conscience de l’utilité de la famille dans la société africaine. Elle doit faire des choix responsables en acceptant des programmes et des aides respectueux des valeurs africaines et chrétiennes de la famille. Il y a lieu d’être inquiet. Mais il y a également lieu d’agir, de former et d’éduquer pour que nous choisissions le bien dans le bon sens. Une famille, c’est d’abord la présence d’un père et d’une mère. Nous ne voudrons pas avoir au Bénin des parents du même sexe pour un enfant. Nous voudrons avoir ce que Dieu a créé depuis l’origine du monde : un père et une mère pour éduquer nos enfants. Nous voudrons éduquer des filles et des garçons afin de les voir grandir pour fonder demain une famille à notre image.

La Fondation Antou Pour Tous a été créée dans le but de promouvoir et de sauvegarder la famille au Bénin. Ces deux principes sont très chers à ma mère, Mme Antoinette Honliasso Aïssi. L’éducation des enfants, l’autonomisation de la femme et le bien-être de la famille lui tenaient à cœur. Mes frères, mes sœurs et moi-même avions grandi dans cet environnement. Après son décès en octobre 2006, j’ai voulu perpétuer cette initiative par la création de cette Fondation qui porte ses valeurs. Nous œuvrons essentiellement pour le maintien et l’épanouissement des couples. Tout ce qui entre dans une maison par une femme est une grâce de Dieu. C’est pour cela que chaque année, nous organisons des séances de formation pratique au profit des femmes sur la consolidation du couple, l’hygiène corporelle, l’autonomisation, l’entreprenariat, l’éducation et l’accompagnement des enfants. Dans ce sens, nous avons mis sur pied le Centre d’écoute et d’orientation Amoris Laetitia. Avec le soutien de l’Institut pontifical Jean-Paul II, les spécialistes des questions relatives à la famille sont à l’écoute des couples et proposent des solutions appropriées pour le bien-être de la famille dans notre pays. Ils accueillent également les enfants scolarisés, les écoutent et participent à leur orientation scolaire. Nous avons institué le Programme de Bourse Antou qui nous permet de contribuer à la scolarisation des enfants démunis. Un jury indépendant nous assiste dans la sélection des dossiers selon la limite de nos moyens. D’autres initiatives comme la distinction décernée à l’occasion de la fête des mères participent de notre volonté de consolider les valeurs chrétiennes de la famille.

 « Promouvoir les valeurs de la cohésion familiale »

Solange Odjo (Directrice de la Famille, de l’enfance et de l’adolescence au Ministère des affaires sociales et de la microfinance)

La famille est la base de la société. La société se forge au niveau de la famille. La cellule familiale revêt donc pour l’État une importance capitale. Elle suscite dès lors, l’intérêt de tous ceux qui sont chargés de la protection de l’enfant. Ils unissent leurs efforts en reconnaissant que l’essentiel se trouve au niveau de la famille. Prenant la mesure de l’enjeu, le ministère des affaires sociales et de la microfinance a réussi à convaincre les partenaires sur la nouvelle politique de l’État, sa nouvelle vision en termes de la gestion de la sexualité des jeunes. Ainsi, le 9 septembre 2018, le ministère a procédé au lancement d’un guide de référence qu’il a réalisé en matière de dialogue parents-enfants. Ce qui est une véritable avancée après tant d’années d’efforts pour le renforcement de la cellule familiale. Par le biais de ce guide, le Gouvernement a voulu que le sexe ne soit plus un mythe. Mais ce n’est pas parce qu’on ne doit plus faire du sexe un mythe qu’il faut laisser la porte ouverte à la débauche, à l’impudeur, à l’irrespect des valeurs traditionnelles qui caractérisent l’Afrique et particulièrement le Bénin. Nous devons tout faire pour conjuguer les deux afin de permettre à l’enfant de comprendre sa sexualité et aussi l’éduquer à ce qu’il sauvegarde ces valeurs reçues de ses parents. Depuis l’avènement de ce guide beaucoup d’acteurs se sont intéressés à la question. Des parents ont fait preuve d’une ouverture en se rapprochant de nous pour avoir des conseils. Ce guide destiné aux parents permet de rallier les membres d’une famille et de promouvoir aussi l’ambiance intime qui devrait régner au sein d’une famille. Il s’agit pour l’État de promouvoir actuellement les valeurs de la cohésion familiale. Les parents doivent tout faire pour permettre à leurs enfants de vivre chez eux. Ils doivent leur consacrer un peu de leur temps. Car la société ruine l’éducation des enfants.

C’est vrai qu’on célèbre le 15 mai de chaque année la Journée internationale des Familles. Mais toutes les journées statutaires (Journée mondiale de l’enfance, journée de la mutilation génitale, journée internationale de la famille…) parlent de la famille. Je rappelle que cette année, la Journée internationale est placée sous le thème : « La Famille, lieu d’éducation sexuelle de l’enfant, de l’adolescent et du jeune ». Dans ce cadre, le ministre des affaires sociales et de la microfinance dans une adresse à la Nation le 14 mai 2019 a mis l’accent sur la communication et le dialogue qui doivent régner entre parents et enfants ; la responsabilité des parents à instaurer un climat convivial pour les enfants. Un climat peu convivial ne permet pas une éclosion de leur potentialité dans la cellule familiale. Autant de comportements à cultiver permanemment et sur lesquels insiste le guide à avoir comme bréviaire.

 

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