juillet 19, 2019
Comprendre la Parole

Aimer Jésus et rester fidèle à sa Parole

6e Dimanche de Pâques-C

Aimer Jésus et rester fidèle à sa Parole

L’évangile du dimanche passé, insiste sur l’amour qui vient de Jésus et qui doit servir de modèle pour les disciples entre eux : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 34-35). L’évangile d’aujourd’hui pose comme source de notre fidélité à la Parole du Seigneur, l’amour que nous aurons pour Lui : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma Parole » (Jn 14, 23). La Parole dont il s’agit ici, c’est celle qu’Il a formulée comme le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». En d’autres termes, imitez mon Amour pour vous ; celui-là même par lequel Moi qui suis le Maître et Seigneur, je vous ai lavé les pieds (Jn 13, 14). Aimez-vous donc vous aussi en vous lavant les pieds les uns aux autres comme je vous l’ai fait (Jn 13, 14). Le va-et-vient entre l’amour de Jésus et l’amour-service à avoir pour les hommes a été déjà signifié par le Seigneur à Saint Pierre, et il le signifie aujourd’hui à tous les disciples du Christ. La phrase qui résonnait dans les oreilles de Pierre « m’aimes-tu ?… “sois le berger de mes agneaux” » (Jn 21, 15) pourrait traduire le sens ci-après « si tu m’aimes, tu garderas la fidélité à ma Parole (Jn 14, 23) qui est de nourrir mes agneaux en te faisant leur serviteur ». Le  fil conducteur  qui traverse tous les textes du jour se dégage aisément : C’est le flux de l’Amour de Dieu qui descend vers l’homme et prend soin de lui comme un esclave prend soin de son maître. Tout dans l’évangile exprime la communion des trois personnes divines, qui se met au service des hommes : La Parole de Jésus n’est pas sienne ; elle est du Père. Et l’Esprit-Saint qui appartient au Père et au Fils donnera aux disciples le souvenir de tout ce que Jésus leur a dit. La grande découverte est de comprendre à travers les textes proposés par la liturgie du jour, que Dieu dans toute sa grandeur n’est pas isolé en soi. Il s’implique dans la communauté humaine et l’illumine de sa gloire mais aussi il s’imbrique avec l’humanité. L’image de la cité sainte qui descend du ciel d’auprès de Dieu suffit pour nous exprimer toute la profondeur de cette pensée. L’extrait de l’Apocalypse fait état de trois portes à chacun des quatre points cardinaux de la cité : c’est le Divin (chiffre 3) qui est en alliance avec l’humain (chiffre 4). Ce Divin pour réaliser la communion de la cité céleste avec la cité terrestre s’est servi des douze tribus des fils d’Israël (Ap 21, 12) comme portes d’accès au salut, et des douze apôtres (Ap 21, 14) de l’Agneau comme fondations de la cité (Église) qui offre le salut à tous. En somme, la cité céleste qui rayonne de la Gloire de l’Agneau sur terre, c’est la communauté de ce Dieu fait homme qui par alliance, vient se mettre au service des hommes et qui les envoie annoncer son amour à toute l’humanité, par le témoignage du service et de la communion.

La communion au coeur du concile de Jérusalem

Dans le contexte de la première lecture (Ac 15, 1-2.22-29), il apparaît évident que la communauté d’Antioche est composée des Juifs devenus chrétiens (judéo-chrétiens) et des païens devenus chrétiens (pagano-chrétiens). Comment maintenir chez l’un et l’autre une foi sans alliage fondée exclusivement sur le Christ et la fidélité à sa Parole sans se laisser récupérer par des pratiques ancestrales ? Il s’agit là de la problématique de l’inculturation. Mais à cette problématique, s’ajoute celle de la communion dans la cohabitation. Les Juifs devenus chrétiens n’étaient pas prêts à abandonner les pratiques juives (circoncision, purifications et ablutions rituelles, interdits alimentaires de peur  de ne pas manger par exemple des viandes consacrées aux idoles et vendues dans les marchés). Les pagano-chrétiens appelés à vivre dans la même communauté que les judéo-chrétiens étaient sur le point d’être isolés par ceux-ci pour deux raisons : ils ne sont pas circoncis et ils ne se font pas de scrupule à acheter des viandes au marché et à les consommer en toute bonne conscience. Le grand risque, c’est celui de la séparation  de tables  au  coeur d’une même communauté. La porte de sortie pour une communauté unie dans une même foi est venue de l’Esprit Saint et des apôtres et vaut encore aujourd’hui pour tout païen converti. Le païen devenu chrétien pour faire  corps à la communauté du Christ et vivre la pleine communion avec ses frères, doit renoncer au vieil homme : s’abstenir de manger des aliments consacrés aux idoles et de toutes unions illégitimes.

  • Dans ma vie

Le syncrétisme nous empêche de partager pleinement la communion au corps du Christ qu’est l’Église. Devenus chrétiens, nous avons à nous abstenir des aliments consacrés aux idoles et des unions illégitimes.

  •  À méditer 

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». En d’autres termes, imitez mon Amour pour vous ; celui-là même par lequel Moi qui suis le Maître et Seigneur, je vous ai lavé les pieds (Jn 13, 14). Aimez-vous donc vous aussi en vous lavant les pieds les uns aux autres comme je vous l’ai fait (Jn 13, 14).

  •  À lire

(Ac 15, 1-2.22-29 ; Ap 21, 10-14.22-23 ; Jn 14, 23-29)

Père Antoine TIDJANI (BIBLISTE)

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