juillet 19, 2019
Comprendre la Parole

Un monde nouveau : celui de la victoire de l’amour

5e Dimanche de pâques-C

Un monde nouveau : celui de la victoire de l’amour

L’évangile du jour est concis mais dense. Il offre avec l’extrait de l’Apocalypse (21, 1-5a), une texture dont le fond est celui de la séparation : Comme le premier ciel et la première terre avaient disparu avec la mer, ainsi Judas qui porte en lui la haine regagne les ténèbres et se sépare du groupe du Seigneur, le maître du commandement nouveau -l’Amour-. Pour Jésus commence à cet instant l’heure du rayonnement de la gloire, l’heure où Dieu fait homme montrera la plénitude de l’Amour en se livrant à la mort pour les Hommes. La mort de Jésus sur la croix et sa résurrection inaugurent une ère nouvelle où le premier ciel et la première terre avaient disparu. En ce cinquième dimanche de Pâques, le premier livre de la Bible (la Genèse) et le dernier (l’Apocalypse) se donnent la main pour nous tendre le fil d’Ariane qui permet de suivre de bout en bout, là où Dieu conduit l’humanité. Le livre de la Genèse a déjà parlé de la première création qui a été appréciée par Dieu comme étant très bonne (Gn 1, 31). Elle a été malheureusement corrompue par la désobéissance du premier Adam. Du moment où l’homme choisit de ne pas suivre la voix de Dieu, les conseils de son propre cœur inspirés par Satan le conduisent sur des voies qui lui réservent souffrances, peines, cris, larmes, mort (Gn 3, 16-19) jusqu’à l’exclusion de la communion avec Dieu (Gn 3, 24). L’extrait du  livre de l’Apocalypse nous parle de la deuxième création. On y perçoit la figure de Jésus, le nouvel Adam ; par son obéissance  à Dieu jusqu’à la  mort, il devient la tête d’une nouvelle humanité. Il rétablit la communion perdue entre Dieu et les hommes. Dieu à travers les communautés ecclésiales, demeure au milieu des hommes : « Voici la demeure de Dieu parmi les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toutes larmes de leurs yeux ; et la mort n’existera plus ; et il n’y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse. Car la première création aura disparu » (Ap 21, 3-4). La nouvelle terre en surgissement, c’est celle ensemencée par la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dont sortent des communautés de foi. L’apôtre Paul dans le livre des Actes (14, 21b-27) y travaille en alliant à d’intenses activités d’organisation, les grands moyens spirituels que sont le jeûne et la prière, toutes choses malheureusement balayées du revers de la main par l’homme de la post-modernité plutôt imbu de sa capacité sur laquelle il s’appuie exclusivement. L’ancienne terre en passe de disparaître est celle du monde où l’homme travaille pour sa vaine gloriole, pour son avoir et pour son pouvoir. Dans cette ambiance, des combats et des concurrences déloyales se créent dans le champ de l’organisation du travail, déchaînant une spirale de violences qui laissent défaits et écrasés les plus faibles tandis que s’accroît la domination des plus forts qui s’imposent à tous. La terre nouvelle et le ciel nouveau qui s’ébauchent par le travail des ouvriers du Seigneur sont ceux qui font régner une civilisation de l’amour.

La victoire de l’amour

Le règne d’une civilisation de l’amour a partie liée avec le travail en vue de l’affermissement de la foi dans les communautés. Jésus demande aux disciples de s’aimer entre eux en alimentant leur amour réciproque à la source de l’amour qu’il a pour eux. C’est d’abord la foi en Jésus-Christ qui donne à notre amour toute son intensité et toute son universalité. Le plus grand témoignage que le monde attend des disciples du Christ, ce n’est pas leur grande capacité d’organisation et leur savoir-faire ; c’est plutôt la ferveur de l’amour qui règne entre eux. Sans cet amour qui vient de Dieu, les disciples du Christ deviendront les fossoyeurs de leur propre mission qui sera marquée très tôt par des sentiments de recherche de soi aux dépens des autres. C’est pourquoi, Saint Paul en qui habite désormais cet amour, rend grâce à Dieu de l’accès des nations païennes à la foi, plutôt que de se réjouir pour ses talents apostoliques qui ont contribué à ce succès.

  • Dans ma vie

Dans le champ de Dieu, on s’embarrasse de grands soucis et de grandes réalisations, mais l’amour bien vécu entre nous suffit pour faire réussir le projet de Dieu livré entre nos mains.

  • À méditer

« Voici la demeure de Dieu parmi les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront son peuple, Dieu lui-même sera avec eux » (Ap 21, 3).

  • À lire

Ac 14, 21b-27 ; Ap 21, 1-5a ; Jn 13, 31-33a. 34-35

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