octobre 19, 2019
Editorial

La pédagogie de la tendresse

Jean Vanier s’est éteint mardi 7 mai 2019 à l’âge de 90 ans en laissant à l’humanité un précieux testament spirituel pour le respect de la différence, la culture de la rencontre et la tolérance envers les plus vulnérables. Celui qui a été le fondateur de deux associations au service des personnes ayant une déficience mentale, l’Arche et Foi et Lumière, restera une figure exceptionnelle de tendresse de Dieu pour les plus faibles. Son œuvre humaine et spirituelle profondément ancrée dans sa foi, et qu’il aura contribué à faire rayonner de par le monde entier, témoigne d’une fécondité extraordinaire : aujourd’hui, 140 communautés et 5 000 membres dans le monde entier.

Jean Vanier a vécu plus de 50 ans auprès des personnes atteintes de handicaps mentaux et a beaucoup appris d’elles. Il nous invite à considérer les richesses qu’apportent à la société les personnes en situation de handicap, lorsqu’elles sont aimées et comprises dans leur humanité profonde. Son engagement pastoral auprès d’elles a bouleversé notre regard sur le handicap mental et toutes sortes de fragilité humaine.

La leçon essentielle que nous tirons de sa vie est que l’accueil de la fragilité de l’autre nous transforme. Car, toucher la fragilité de l’autre me renvoie à une attitude d’humilité. « Etre faible, c’est avoir besoin d’aide et donc de passer du “je” au “nous” », précisait le fondateur de l’Arche.

En vérité, nous sommes tous des êtres fragiles, et refuser de l’accepter est le signe d’une plus grande faiblesse. Le danger est de se croire fort, de refuser d’écouter l’autre qui est dans un état de faiblesse. Or l’homme véritablement « fort » est celui qui s’inscrit dans la dynamique d’ouverture aux autres. C’est cela la pédagogie de la tendresse. Elle est la meilleure façon de rencontrer l’autre. C’est ce qui s’oppose à la violence : l’accueil de ce qui est qualifié de faible. Cela reste un défi pour notre société.

Serge N. BIDOUZO

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