juillet 19, 2019
Comprendre la Parole

Jésus, le Bon Pasteur à l’égal de Dieu

4e dimanche de Pâques-C

Jésus, le Bon Pasteur à l’égal de Dieu

Chaque année, le quatrième dimanche de Pâques est dédié à la réflexion sur l’identité de Jésus comme le Bon Pasteur. À travers ce titre, Jésus s’identifie pleinement à Dieu qui est chanté par les psaumes comme le Berger d’Israël (Ps 23, 1; Ps 79, 2). Il est d’usage dans tout l’Orient que les rois se considèrent comme les pasteurs de leurs peuples. C’est ainsi que Dieu, l’Éternel des armées se comportait dans la conduite du peuple à la traversée de la Mer rouge : « il poussa comme des brebis son peuple, les mena comme un troupeau dans le désert » ( Ps 78, 52 ). En effet, préparé par ces textes de l’Écriture, Israël scrutait l’horizon, dans l’attente du Messie. Mais c’était pour voir venir en lui, un pasteur qui les fera paître comme David (Ez 34, 23). Jésus dans l’évangile du jour se trouve confronté à l’interrogation des Juifs : « Jusqu’à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Messie, dis-le nous clairement ». La réponse de Jésus ne peut laisser indifférent aucun exégète. Elle comporte un segment de phrase qui renvoie à la révélation du Nom divin à Moïse : « Je suis » (Ex 3, 14). En se définissant dans les termes suivants : « Je suis le Bon Pasteur (le Bon Berger) », il n’y a pas de doute ; Jésus se met ainsi à parité avec Dieu. Il affirme qu’il est le Messie et qu’il est Dieu Lui-même. Sans mots couverts, il l’exprime dans l’évangile du jour : « le Père et moi nous sommes un » (Jn 10, 30). La sollicitude de Dieu pour son peuple dans l’Ancien Testament n’est plus à démontrer. Une foule de textes en sont témoins dont nous citons l’un des plus significatifs : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin … Je l’arracherai de tous les endroits où il a été dispersé … Je le ferai paître dans un bon pâturage … Moi-même, je ferai paître mon troupeau, oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai » (Ez 34, 11-16). Toutes les affirmations de Jésus sur l’amour qu’il a pour les brebis, démontreront qu’il est ce même Dieu-Pasteur qui conduisait son peuple depuis l’Ancien Testament et qui en ces temps qui sont les derniers, a manifesté la sollicitude pastorale dans toute sa plénitude par le don total de Lui-même. Dans l’ancienne alliance, il s’occupait de son troupeau par des actes de bon Pasteur (Cf. Ez 34, 11-16). Dans la nouvelle alliance, il a engagé tout son être et s’offre comme moyen suprême du salut : « Je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10, 15) ; « Je suis le Pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim. Qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 35) ; « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54) ; « Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 7.9).

Si jusqu’ici les textes ont démontré l’unité  entre le Dieu Pasteur de l’Ancien Testament et Jésus le Bon Pasteur, c’est enfin au texte de l’Apocalypse écouté en deuxième lecture que nous devons le rapport d’obéissance qui lie les brebis à Jésus, leur Bon Pasteur : « Cette foule immense que nul ne pouvait dénombrer, l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur Pasteur pour les conduire vers les eaux de la source de vie » (Ap 9, 17).

Mes brebis écoutent ma voix. Moi, je les connais

En ce monde où personne ne veut écouter l’autre ni se mettre sous la houlette de quelque personne par l’obéissance, ces mots du Bon Pasteur peuvent plonger l’homme de la post-modernité dans la crise. Cependant, le salut de l’homme réside dans l’écoute de Dieu et l’obéissance à sa Parole. La vraie éducation à la foi commence par l’écoute. Dans l’Ancien Testament, le peuple de Dieu a toujours été invité à l’écoute (Cf. Dt 6, 4 ; Am 3, 1 ; Jr 7, 2). Et dans le Nouveau Testament, la voix du Père, au Mont Thabor, a invité les disciples à écouter son Fils Bien-aimé (Mt 17, 5). Le livre des Proverbes ne dit-il pas : « que le sage écoute. Il augmentera son savoir et l’homme intelligent acquerra l’art de diriger » (Pr 1, 5) ? C’est évident que pour l’homme, la connaissance vient de l’écoute. Et quand Jésus parle de la connaissance des brebis, il fait allusion à l’intimité profonde, celle qui fait de Lui et du fidèle qui l’écoute  attentivement, comme deux gouttes d’eau fusionnées en une seule. Saint Luc exprime la même idée autrement « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21).

 

  • Dans ma vie

Entre la voix de mon « moi » qui m’éloigne des eaux de la source de vie, et celle de Dieu qui est formulée dans la Sainte Écriture, suis-je toujours capable d’opter pour celle du Bon Pasteur ?

  • À méditer

« Que le sage écoute. Il augmentera son savoir et l’homme intelligent acquerra l’art de diriger » (Pr 1,5).

  • À  lire

(Ac 13, 14. 43-52 ; Ap 7, 9. 14b-17 ; Jn 10, 27-30)

Related Posts