juillet 19, 2019
Editorial

Exigence de Responsabilité

Le classement 2019 de Reporters sans frontières (Rsf) indique que le Bénin occupe la 96e place en matière de liberté de presse. Notre pays a ainsi régressé de 12 places par rapport à l’année 2018. L’ampleur de ce recul s’inscrit dans une tendance observée depuis quelques années. Elle se colore d’une tonalité particulière en ce contexte de crise post-politique électorale qui fragilise l’image de notre démocratie.

Quoi qu’on pense de la valeur du classement de Rsf, ce qui est évident est que l’univers médiatique de notre pays est en souffrance. La liste des symptômes est déjà longue : influence du pouvoir financier des prédateurs de la liberté de presse, course aux titres siamois, qualité médiocre des productions journalistiques, déficit criard des papiers d’analyse et d’investigation. Dans ce contexte, la confiance des Béninois dans les médias est bien faible, comme l’attestent quelques citoyens (cf. page 9). Ils ont exprimé surtout des doutes sur l’indépendance des journalistes et sur l’objectivité de leurs articles. Quels enseignements en tirer ?

Leurs insatisfactions interpellent directement notre métier et le sens que nous lui donnons. L’absence de regard critique peut aller à l’encontre de l’indépendance journalistique tout comme le pouvoir de l’argent. Aujourd’hui où tout le monde se sent acteur de l’info et veut prendre part au récit de l’actualité, les citoyens attendent que ceux qui les informent le fassent avec plus de vérité et d’objectivité.

En tout état de cause, des réflexions sérieuses sont à mener sur la manière dont nous exerçons notre métier. Il nous faut interroger nos pratiques. Comment nous médias, participons-nous au bien commun de la cité sans être à la solde de tel ou tel pouvoir politique ou financier ? Comment aidons-nous les personnes à bien s’informer sans nous limiter uniquement à l’écume des faits et aux idées reçues ? Créons-nous des tensions dans la société ou les apaisons-nous ? Autant de questions qu’en miroir chaque citoyen a aussi le devoir de se poser parce que chacun par son choix façonne le paysage médiatique et l’avenir démocratique d’un Bénin à la croisée des chemins.

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