juillet 21, 2019
Comprendre la Parole

La bonne nouvelle du passage de la mort à la vie : la résurrection à l’épreuve de la foi

Dimanche de Pâques-C

 La bonne nouvelle du passage de la mort à la vie : la résurrection à l’épreuve de la foi

 

L’évangile du jour de Pâques annonce une nouvelle Genèse, une création nouvelle où « la mort ne sera plus… où il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien aura disparu » (Ap 21, 4). Jean comme les synoptiques, aborde le récit de Pâques en insinuant ce sens par les phrases suivantes : « le premier jour de la semaine » (Jn 20, 1 ; Lc 24, 1), « après le jour du Sabbat » (Mt 28, 1; Mc 16, 1). La résurrection de Jésus advient au lendemain du grand Sabbat, au lendemain donc de la Pâque juive. En Jésus ressuscité, Dieu re-crée l’humanité et commence une nouvelle semaine de Genèse qui n’est plus celle où voient le jour Adam et Ève marqués par le péché et la mort. Sur cette lancée, Saint Paul invite notre vie à suivre un nouvel élan, celui des réalités d’en haut. Notre référent n’est plus l’homme créé à partir du sol ’adamah (Adam) mais l’homme qui vient d’en-haut et qui, ressuscité, y est retourné. Les mots de l’apôtre des gentils sont directs et nous incitent à une conversion radicale; au dépouillement du vieil homme pour nous revêtir du Christ, l’homme nouveau. «Recherchez les réalités d’en-haut : c’est là qu’est le Christ assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut et non pas vers celles de la terre » (Col 3, 1-2) ; « vous êtes morts avec le Christ » (Col 3, 3) ; « purifiez-vous des vieux ferments et vous serez une pâte nouvelle » (1 Co 5, 7) ; « célébrons la fête non pas avec de vieux ferments : la perversité et le vice ; mais avec du pain non fermenté : la droiture et la vérité » (1 Co 5, 8). Si cette voix de Saint Paul résonne avec une si grande insistance, c’est pour nous rappeler le sérieux de la vie chrétienne qui ne consiste pas à considérer le temps pascal comme un temps du retour aux vieilles habitudes que les efforts du temps de carême avaient réprimées ou mises en veilleuse. La vie chrétienne serait vidée de son sens si elle se réduisait à s’insérer seulement à l’intérieur des temps forts où le peuple de Dieu est appelé à se concentrer périodiquement avec plus d’intensité autour de l’idéal à vivre, quitte à retourner avec un ouf de soulagement au vieil homme aussitôt fini le temps de la pénitence. Elle n’aurait aucun sens non plus, si nos confessions pascales que nous concevons bien des fois comme une formalité à satisfaire chaque année, avaient pour seul objectif, la communion pascale à faire. Le passage d’une vie de “morts-vivants” que nous menons, à une toute autre vie, celle cachée dans le Christ, doit être au bout de nos quarante jours de carême. Le sens de la Pâque chrétienne s’éclaire pour nous en pensant à la pâque juive. Pessa’h en hébreu, elle commémore le grand événement de la libération du peuple juif de l’esclavage de l’Égypte et la naissance des enfants d’Israël, la naissance d’un peuple nouveau. Mais Pâques n’est pas seulement une fête religieuse qui nous fait penser à la libération de nos asservissements au péché. En remontant le cours du temps, on découvre que la Pâque était également une fête païenne et représentait autrefois la célébration du printemps, de la renaissance et du retour de la lumière, après les longs et tristes mois d’hiver. Tous ces sens qui soutiennent notre effort de conversion, illuminent les yeux de nos cœurs pour que transformés de l’intérieur, nous puissions percevoir les signes du Seigneur Ressuscité et croire enfin.

Voir et croire

Le témoignage de la foi en la résurrection du Christ est une grande épreuve de la foi. Qui peut croire à ce qu’il n’a pas vu de ses yeux mais que des  signes visibles lui permettent d’attester ? Seul un cœur préparé par l’amour et dont les yeux se laissent éclairer par la Sainte Écriture. Celui qui aime Dieu, médite nuit et jour sa Parole et réussit à comprendre ses signes au coeur de l’énigme de la vie. Marie Madeleine n’a pas vu Jésus en train de ressusciter mais elle a vu les signes de sa résurrection : le tombeau vide, le linceul resté là et le linge roulé à part. Pierre et Jean à sa suite, ont vu les mêmes signes. Ce dernier a vu et il a cru. Puisque les Psaumes l’avaient annoncé (Ps 2, 7 ; Ps 15, 8) ; les prophètes comme Jonas en ont offert une préfiguration dans leur vie (Jo 2, 1) et surtout Osée l’a clairement prophétisé : « Après deux jours, il nous fera revivre ; le troisième jour il nous relèvera, et nous vivrons devant lui » (Os 6, 3).

  •  Dans ma vie

La vie chrétienne serait vidée de son sens si elle se réduisait à s’insérer seulement à l’intérieur des temps forts où le peuple de Dieu est appelé à se concentrer périodiquement avec plus d’intensité autour de l’idéal à vivre, quitte à retourner avec un ouf de soulagement au vieil homme, aussitôt fini le temps de la pénitence.

  • À méditer

Celui qui aime Dieu, médite nuit et jour sa Parole et réussit à comprendre ses signes au coeur de l’énigme de la vie.

  • À lire

Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9

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