juillet 21, 2019
Comprendre la Parole

Du dépouillement de la croix à la gloire de la résurrection

Dimanche des Rameaux-C

Du dépouillement de la croix à la gloire de la résurrection

En ce jour des Rameaux, les textes nous font mouvoir à la suite du Christ à l’intérieur des deux grands pôles qui ont marqué la fin de sa mission terrestre : la croix et la gloire de la résurrection. Celle-ci est annoncée au début de la célébration par le texte de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (Lc 19, 28-40). La liturgie du IVe siècle à Jérusalem, à ce sujet, était bien significative et marquait clairement ses balises pour les fidèles: On célébrait toute la journée, pour inaugurer ce qu’il était commun d’appeler « la Grande Semaine ». D’abord, la messe était célébrée comme à l’ordinaire et ensuite, l’évêque et tout le peuple se rendaient à l’église située sur le mont des Oliviers l’« Éléona », où on lisait l’Évangile de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Ce n’est qu’après cela qu’une procession descendait jusqu’à la basilique de la Résurrection « Anastasis », où, bien qu’il fît déjà tard, on chantait l’Office du soir appelé « lucernaire ». La célébration finie, l’archidiacre annonçait que tous les jours de la semaine, l’assemblée se réunirait au début de l’après-midi, « à 3h », dans l’église principale, le « Martyrium », qui s’élevait sur le Golgotha. Voilà marquées les grandes étapes qui dès les débuts de l’Église, introduisaient dans la semaine sainte.

La semaine sainte, une semaine du service d’Amour

La lecture attentive du récit de la passion présenté par Luc révèle une grande parenté avec le chant du Serviteur écouté dans la première lecture (Is 50, 4-7). Jésus lucanien  s’offre ainsi comme le Serviteur de Dieu dont nous devons suivre les pas au cours de la « Grande Semaine » qui conduit au dimanche de Pâques.

Le mystère de la passion de Jésus dans son incompréhensibilité, rejoint tout homme souffrant heurté à l’impression de l’abandon de Dieu. Luc a eu le génie de relire dans la vie de Jésus, le chant isaïen du Serviteur de Dieu et montrer qu’au coeur de la pire souffrance, Dieu nous tend toujours une main secourable. Luc parmi les évangélistes sera le seul à faire mention de l’ange qui le réconfortait (Lc 22, 43) conformément à ce que précédemment Isaïe laissait sur les lèvres du Serviteur de Dieu : « le Seigneur Dieu vient à mon secours » (Is 50, 7). Nous verrons surgir à partir de là, l’un des aspects cachés de la souffrance qui en offre la  clé de compréhension. La souffrance telle que vécue par Jésus le Serviteur de Dieu, est un langage instructif pour les élus de Dieu et s’ouvre sur la mission d’amour et de consolation. La consolation reçue de Dieu au coeur de la nuit noire que nous traversons, nous fait comprendre que la fécondité de la souffrance réside dans le fait de tirer parti de l’aide que nous avons reçue de Dieu pour consoler à notre tour, les autres souffrants. Le Serviteur de Dieu dans Isaïe, l’exprime clairement: « Dieu mon Seigneur m’a donné le langage d’un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour  réconforter celui qui n’en peut plus (Is 50, 4). Dans ce sens, même souffrant, Jésus prie pour arracher Pierre à la tentation de Satan pour qu’une fois revenu, celui-ci puisse affermir ses frères (Lc 22, 31-32); il  porta ensuite un regard de compassion sur Pierre qui venait de le renier (Lc 22, 61) et il déclara au malfaiteur repenti qu’il sera aujourd’hui même avec lui au paradis (Lc 23, 43). Voilà l’aboutissement de la vie du Serviteur de Dieu déjà annoncé au début du texte de la passion présenté par Luc : servir simplement l’amour en consumant sa vie au profit des autres. Vivre sereinement sa propre mort comme un don d’amour fait aux autres : « Ceci est mon corps donné pour vous…Ceci est mon sang répandu pour vous » (Lc 22, 19. 20). Ici l’ego de l’homme qui se manifeste en nous tous, et veut toujours commander en maître, ou se servir au lieu de servir les autres (Lc 22, 25) s’éclaire et se comprend comme une attitude païenne (Lc 22, 25). Le sens de toute vie se révèle ainsi dans la passion du Christ : Lui qui est de condition divine (Phi 2, 6) nous déclare par sa vie livrée: « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 27). Qui que tu sois au plan social, de quelque extraction familiale tu viens, ta vie ne sera féconde et n’aura de sens aux yeux de Dieu que lorsque sur les pas de Jésus, elle sait s’oublier, et même mourir pour conduire les autres à la résurrection. Si elle sait s’offrir en don d’amour pour tous, et consoler ceux qui n’en peuvent plus.

  • Dans ma vie

L’ego n’est-il pas si fort en nous que la recherche de notre prestige nous fait manquer bien des fois des occasions de service et de charité envers notre prochain?

  •  À méditer

Le sens de toute vie se révèle ainsi dans la passion du Christ : Lui qui est de condition divine (Phi 2, 6) nous déclare par sa vie livrée : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 27).

  •  À lire

Is 50, 4-7 ; Ph 2, 6-11 ; Lc 22, 14-23, 56

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