octobre 19, 2019
Questions/Réponses

Comment réussir à faire un bon examen de conscience ?

Question

Père, Jésus renvoie les accusateurs de la femme adultère à leur propre conscience. Comment réussir à faire un bon examen de conscience ?

Jean Darius TOSSOU (Informaticien)

Réponse

L’évangile de ce 5e dimanche de carême relate l’épisode du procès de la femme adultère. Ses accusateurs veulent connaître la position du Seigneur sur la loi de la lapidation qui frappe ces cas de figure. Jésus les renvoie plutôt à leur propre conscience, les invitant, par ricochet, à l’examiner. Puisque nous sommes constamment invités à cet exercice, comment réussir alors à faire un bon examen de conscience ?

Contrairement à l’opinion générale, l’examen de conscience ne se fait pas uniquement pour aller à la chasse des péchés. C’est une exigence de vie pour tous ceux qui, en toute responsabilité, veulent donner un sens à leur existence ou qui veulent se maintenir dans un projet de vie. Il participe pour ainsi dire de notre épanouissement personnel, en nous aidant à un réajustement au quotidien de notre être-avec-nous-mêmes et avec les autres.

L’examen de conscience suppose la vérité et l’humilité. Il s’agit essentiellement d’être vrai avec soi, en se regardant sans feinte et en enlevant les masques de nos personnages. La question à se poser est : qui suis-je ? En cela, l’examen de conscience exige l’humilité pour accepter l’autodiagnostic sur notre personne. Nombreux sont ceux qui, bien qu’ayant découvert cette vérité-là, n’ont pas suffisamment l’humilité pour l’accepter. En cette matière, l’enfant prodigue demeure encore aujourd’hui un modèle.

Il convient, concernant l’examen de conscience ordonné à la confession sacramentelle, d’en connaître la méthode divisée généralement en deux parties : les invariables et les variables. Les invariables sont à trois niveaux. D’abord, il faut se trouver un endroit calme capable de nous aider à entrer en nous-mêmes. Ensuite, il importe de prendre quelques minutes pour prier et demander à l’Esprit Saint de nous éclairer sur le moment que nous voulons vivre. Enfin, il faut prendre à la fois conscience du profond amour de Dieu pour moi et de mon incapacité à répondre à cet amour. La réconciliation en vérité consiste à la double confession de l’amour inconditionnel de Dieu et de mon indignité, du fait de mon péché, à le mériter.

Les variables se rapportent aux moyens utilisés pour retrouver les péchés à avouer. On peut utilement s’appuyer soit sur les commandements de Dieu et de l’Église ou sur la Parole de Dieu : le sermon sur la montagne ou le précepte de l’amour pour Dieu et le prochain. Il est aussi possible de le faire à partir du tempérament humain (péchés capitaux) ou à partir des quatre niveaux du Confiteor (pensée, parole, action et omission) ou encore à partir des devoirs d’état (dimension chrétienne, familiale, professionnelle et citoyenne…). On peut choisir l’une ou l’autre de ces portes d’entrée. Encore qu’il nous faut connaître sur le bout du doigt les contenus de chaque méthode variable.

Toutes les parties de la méthode variable, faites dans la vérité, nous conduisent au même résultat sur la découverte des méfaits du péché dans la vie de l’homme. S’il est fait dans l’humilité, le regret est le fruit de l’examen de conscience et il conduit le pénitent au confessionnal. Du coup, un examen de conscience sans remords et sans résolution de se convertir n’en est pas un.

Mon frère, tu as maintenant les ressources pour préparer ta confession. Si tu l’essaies, tu transformeras ta manière de recourir à la miséricorde de Dieu ; tu en seras transformé.

Père Jean OUSSOU-KICHO (Curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Godomey-Fignonhou)

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