janvier 22, 2022
Questions/Réponses

Questions / Réponses

Question

« Père, j’ai peur d’aller me confesser. Dites-moi, est-ce que Dieu pardonne vraiment tous nos péchés ? »

Ferrante GNIMADI (Stagiaire-journaliste)

Réponse

Ma fille, le thème de la réconciliation domine les textes de ce 4e dimanche. Saint Paul exhorte instamment à nous réconcilier avec Dieu : « nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Le sacrement de la confession est le lieu privilégié de la célébration de cette réconciliation. Beaucoup de personnes ont pourtant peur de se confesser parce qu’elles se demandent si Dieu pardonne vraiment tous nos péchés. La réponse est d’emblée positive.

La peur de se confesser résulte généralement de la culpabilité du péché. On se dit : « Mon péché est si grave que personne ne pourrait jamais me pardonner ». Bien qu’il soit parfois difficile pour les hommes de pardonner certains péchés, il n’y a pas d’offense, aussi horrible qu’elles soit, qui dépasse les limites de la miséricorde divine. La raison est que Dieu n’est pas homme et la seule manière pour lui de nous réintroduire dans la joie de son cœur est justement de nous pardonner nos révoltes (Évangile).

L’évangile de « l’enfant prodigue » nous révèle la profondeur du cœur d’un Dieu qui va au-delà de l’attente d’embauche de son Fils. Ce dernier en effet, parricide pour avoir pris son héritage, retourne à la maison sans d’autres formes de regret que l’abondance de repas de la maison paternelle. L’accueil du père montre bien que le plus important pour lui est moins dans les motivations du retour que dans le retour lui-même. Le père déploie la grandeur de son pardon, en allant au-devant de l’enfant et en le rétablissant dans sa dignité de fils, jusqu’à organiser une fête en son honneur.

Ma fille, ce texte met en scène ce qui se passe lorsque nous allons nous confesser. Nos péchés nous terrifient. Notre contrition bien souvent n’est pas à la hauteur de nos péchés, quelle qu’en soit la matière. Le pardon que Dieu offre dépasse toujours notre attente. Le fils repenti devrait s’étonner de ce déploiement de bonté. Il ne vit pas dans une fiction. Il vit l’événement. Le pardon que Dieu accorde pour nos péchés est toujours source d’étonnement. Cependant, le pardon accordé n’est pas fictif. Il est vrai et total. Il rétablit la relation Père-Fils que le péché a détruite.

Le péché a pour conséquence de nous sortir de la maison de Dieu. Dans la 1ère lecture, les Israélites sont installés sur leur terre. Mais, pour avoir péché, ils la quitteront à deux reprises. Le fils cadet vivait bien dans la maison de son père ; le péché l’en sortira. Les premiers comme le second ne pourront retrouver cette terre et cette maison que par le repentir et la résolution effective de se mettre en marche pour revenir à Dieu.

Le péché commis nous éloigne du Royaume de Dieu. Il nous plonge dans la dépendance et l’esclavage d’une vie qui conduit finalement à la mort (Évangile). Pour se libérer de la peur de se confesser, il faut croire que Dieu est riche en miséricorde, une richesse qui lui permet de jeter vraiment loin de lui tous nos péchés et de nous donner une vie nouvelle en Jésus-Christ (2e lecture). Ma fille, tu viens de découvrir le cœur de Dieu. Comme le dit si bien le Pape François, « Le Seigneur ne se fatigue pas de nous pardonner. C’est nous qui nous fatiguons de lui demander pardon ». Tu peux alors te confesser à présent. Il te remettra tous tes péchés.

Père Jean OUSSOU-KICHO (Curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Godomey-Fignonhou)

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