Comprendre la Parole

L’Amour qui comprend et pardonne

Le contexte de surgissement de la parabole de l’enfant prodigue met en exergue les publicains et les pécheurs à qui Jésus fait bon accueil au grand déplaisir des pharisiens et des scribes qui récriminaient contre lui. Le mouvement du texte évoluera dans le sens de la thématique de la miséricorde divine qui va à la recherche du dernier pour en faire le premier; du pécheur perdu, coupé de sa communion et retrouvé pour en faire celui qui entre en alliance avec lui, et avec qui il partage tout. À travers cette parabole, Jésus répond en diagonale aux récriminations des pharisiens et des scribes et fait la part de la figure de Dieu devant tout pécheur repenti (l’enfant prodigue) et celle de la figure de tous ceux qui ont trop conscience d’être en communion avec Dieu (le fils aîné) mais qui voient d’un mauvais oeil, la sollicitude de Dieu pour les pécheurs. De toutes ces figures, celle du Père est centrale pour nous donner en ce temps de carême, la ligne de conduite à suivre.

La figure du Père

Dans la parabole de l’enfant prodigue, se dépeint la figure du Dieu miséricordieux : Il est le Père qui aime tous ses enfants et les respecte. La Providence qui pourvoit aux besoins de l’homme en marche vers la terre promise en le nourrissant de la manne. Le Dieu qui renouvelle l’homme en acceptant de se réconcilier avec lui malgré tout le poids de son péché. C’est en somme, l’amour de Dieu pour l’humanité que décrivent les gestes et les expressions du Père dans cette parabole. C’est un amour qui ne confisque pas la liberté de l’homme. Celle-ci peut délibérément s’exprimer devant Dieu et faire des choix dont l’homme lui-même doit assumer la responsabilité en son temps. Dans la tradition culturelle africaine, tout père fulminerait de colère devant un fils qui, de son vivant, réclame sa part d’héritage. Dieu lui, se laisse frustrer et continue d’aimer ; il « aime l’épouse infidèle ; il aime les enfants d’Israël tandis qu’eux se tournent vers d’autres dieux et aiment les gâteaux de raisin » (Os 3, 1), « il ne donne pas cours à l’ardeur de sa colère… car il est Dieu et non pas homme » (Os 11, 9). Il est heureux d’appeler affectueusement le fils cadet dilapideur de l’héritage et revenu au bercail, « mon fils » (Lc 15, 24) en le festoyant; de confirmer à l’aîné ronchonneur, son amour paternel et sa communion en le sermonnant avec tendresse : « toi mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi » (Lc 15, 31) ; entre le cadet et l’aîné, il insinue le lieu de la communion et de la réconciliation dont il est la source comme Père, en faisant valoir le lien de fraternité qui les unit, prenant soin de faire vibrer les fibres émotives qui animent son Coeur de Père pour essayer de les communiquer à l’aîné afin de le faire entrer dans la joie du retour : « ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie » (Lc 15, 31).

En cette année de communion fraternelle pour tout l’archidiocèse de Cotonou au Bénin, le Cœur miséricordieux de Dieu nous appelle tous :

À l’humilité : Si quelqu’un se croit premier dans la connaissance de Dieu ou très intime dans sa communion avec Dieu comme le fils aîné, les scribes et les pharisiens, ou simplement s’il se croit plus important que les autres, il peut aller à la source des saintes écritures et il comprendra que c’est ce qui est insignifiant aux yeux des hommes que Dieu privilégie (Gn 27, 36 : Jacob, le plus petit supplante Ésaü et prend la bénédiction du père ; cf. aussi Os 12, 4 ). Souvenons-nous des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 8) et n’oublions pas que Jésus nous dit : « les premiers seront les derniers » (Lc 13, 30).

À la grandeur d’âme et au respect de tous, sur les pas de Dieu qui aime tout le monde et comble souverainement qui il veut (Mt 20, 15).

Le message-clef de la parabole de l’enfant prodigue est que tout baptisé  puisse reproduire les sentiments du Père à l’égard de son frère qui se perd.

  • Dans ma vie

Il nous arrive de nous fâcher et d’afficher une indifférence devant un frère ou une sœur qui mène une vie déshonorante. Nous avons plutôt à aller à sa recherche en le prenant par le cœur. Savoir être dans notre vie auprès des autres le Cœur de Dieu qui comprend et œuvre pour le retour au bercail de l’égaré.

  • À méditer

Le message-clef de la parabole de l’enfant prodigue est que tout baptisé puisse reproduire les sentiments du Père à l’égard de son frère qui se perd.

  • À lire

Jos 5, 10-12 ; 2 Co 5, 17-21 ; Lc 15, 1-3.11-31

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