juillet 21, 2019
Politique

LÉGISLATIVES DU 28 AVRIL 2019 AU BÉNIN : Le consensus à tout prix pour la vitalité de la démocratie

Législatives du 28 Avril 2019 au Bénin

 Le consensus à tout prix pour la vitalité de la démocratie

Jamais dans l’histoire du renouveau démocratique une élection comme celles des législatives du 28 avril prochain n’a suscité autant de passion portant même la trame d’une dérive dangereuse du processus. La crise engendrée par la publication de la liste de deux partis sans une seule formation de l’opposition a envenimé la situation projetant le Bénin devant la scène internationale où défilent des délégations pour jouer la médiation en vue d’une élection inclusive. Les rencontres se multiplient. Au finish c’est que les acteurs politiques toutes tendances confondues privilégient le consensus.

 

Tout report de la date des élections est interdit. En cas de force majeure, le report de date ne peut être fait qu’après une consultation de toutes les forces politiques engagées dans l’élection concernée et sur décision de la juridiction compétente ». C’est en application des dispositions de cet article 50 de la loi N°2018-31 du 9 octobre 2018 portant Code électoral en République du Bénin que le président de la République Patrice Talon analysant les conclusions des candidatures retenues par la Commission électorale nationale autonome (Céna) pour le compte des prochaines législatives a invité et instruit les députés à l’Assemblée nationale à travers leur président Adrien Houngbédji de se revoir pour déterminer les modalités consensuelles de faire participer tous les partis politiques qui le désirent auxdites échéances électorales. Les tractations qui ont ainsi démarré sous l’égide du président du Parlement ont abouti à trois propositions de lois dérogatoires relatives à la Charte des partis politiques, au Code électoral et à la révision de la Constitution qui au terme des procédures parlementaires feront l’objet de promulgation par le président de la République après contrôle de constitutionnalité par la Cour constitutionnelle.

Se laisser guider par le bon sens et l’intérêt général

L’attente des populations ici, c’est de voir réellement, conformément au vœu du Chef de l’État, toutes les tendances de la classe politique béninoise désireuse de prendre part aux prochaines législatives impliquées dans le processus dérogatoire pour qu’au bout du compte, certains ne se sentent encore exclus. Cela est bien possible si chacun des acteurs se décide à y apporter sa contribution. L’essentiel c’est qu’ils n’en profitent pour ouvrir des boîtes de pandore qui risqueraient de compliquer les débats. C’est le cas de la proposition de révision de la constitution qu’agitent déjà certains parmi eux. En confiant au président de l’assemblée nationale la responsabilité de revoir les copies des lois électorales avec la classe politique, le président de la République n’est certainement pas dans une dynamique de révision de la constitution. Ce que beaucoup ont compris c’est la recherche d’un consensus autour des dossiers de candidatures pour que la majorité des partis politiques soient présents aux législatives qui arrivent. Pour ceux-ci, « la date du 28 avril 2019 peut être encore largement respectée sans toucher à la constitution du 11 décembre 1990. Des réaménagements peuvent être faits à l’intérieur du calendrier établi par la Céna ». Il convient de rappeler ici, que la commission électorale dirigée par M. Charles Djrèkpo en 2011 avait organisé des élections en 45 jours au lieu de trois mois, sans que la constitution ait été changée. S’engager donc maintenant dans ce débat sur la révision, c’est presque faire dos au consensus recherché ; c’est choisir délibérément de monter les enchères pour assouvir des intérêts particuliers inavoués et inavouables. Le travail à faire est bien connu et les voies pour y parvenir aussi. Des querelles de règlements de comptes entre les partis politiques ne doivent plus être de mise si l’on veut œuvrer pour des élections apaisées et calmes. La question de la révision de la constitution est un dossier complexe qu’il ne convient pas de mêler au débat actuel sur la participation de tout le monde aux législatives d’avril 2019.

Travailler pour le bien en faveur du pays

L’autre aspect du débat, c’est de s’entendre dire à la fin du processus : « tout cela que pour ça » ? Car les populations ne les comprendront point si après cette opportunité, il s’en trouve encore parmi eux à se plaindre de ne pas être retenus pour défaut de ci ou de ça. Cette perte de temps ne leur sera pas pardonnable par les béninois. L’enjeu aujourd’hui, c’est le Bénin et sa démocratie qui doivent être sauvegardés. C’est encore une fois l’occasion pour les Béninois de prouver à la face du monde qu’ils savent aller au but, dialoguer, s’écouter pour s’entendre sur l’essentiel quand il s’agit de leur Nation. Le moment est plus que jamais favorable pour la classe politique béninoise de faire comprendre au monde entier à la suite des évêques catholiques du Bénin dans leur dernière lettre pastorale La Vérité vous rendra libres que « faire le bien, cela s’apprend ; que l’option pour le bien consiste d’abord à apprendre à faire le bien, à bien faire le bien, rien que le bien, tout le bien qui oblige et dont on est capable. Que l’option préférentielle pour le bien, c’est encore travailler pour le bien en faveur de son pays, s’engager, selon ses choix, à soutenir tout ce qui s’y fait de bien, mais aussi à combattre tout le mal auquel on tenterait de le livrer ». C’est aussi cela, le consensus à réaliser à tout prix pour sauver son pays et sa démocratie.

Guy DOSSOU-YOVO

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