mars 20, 2019
Questions/Réponses

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Questions

« Mon père, dans un monde qui valorise la course aux biens matériels et aux plaisirs charnels, comment pourrions-nous tenir bon dans le Seigneur en évitant d’être des ennemis de la Croix du Christ, comme nous y invite Saint Paul ? »

Victoire Viviane HOUNMANOU (Étudiante)

Réponse

Ma fille, nous sommes à la deuxième des six étapes qui nous conduisent à la Semaine Sainte. Et déjà, les textes ont un goût tout pascal à cause de l’occurrence de certaines expressions : alliance (1ère lecture), croix (2e lecture), transfiguration (Évangile). Pour ne pas fléchir en chemin et ne pas risquer de devenir ennemie de la Croix du Christ, tu recherches les chemins d’endurance et de persévérance dans le Seigneur, comme nous y invite Saint Paul. Les mondains, au contraire, trouvent absurde cette marche dans le renoncement vers la joie pascale et courent sans cesse vers les biens matériels et les plaisirs tous azimuts (2e lecture).

Il nous faut lever deux malentendus. Devenir chrétien ne signifie nullement accepter vivre dans la douleur, la souffrance et la misère. Nous ne sommes pas dans une religion doloriste, mais plutôt dans une communauté appelée à la béatitude (Eph 1). Le deuxième malentendu à éviter est de considérer la religion chrétienne comme celle des évasifs. Ce n’est pas parce que Saint Paul dit que « nous sommes citoyens du ciel » que nous allons vivre ici comme si la terre n’existait pas. Notre religion n’est pas une religion d’évasion et « d’extraterrestres ». Cette mise au point donne plus de pertinence à la question que tu me poses. Avec l’aide des textes, je te propose une réponse en trois phases.

D’abord la foi en la promesse de Dieu. Abraham, dans la 1ère lecture, en est le modèle. Il est le croyant des promesses folles pour la raison. Sa foi en Dieu le rend stable dans la relation avec Lui. Au moment où il mourait, la promesse n’était pas encore totalement réalisée, mais aujourd’hui, on prend la mesure de sa foi à toute épreuve. Celui dont nous sommes héritiers par la foi a une descendance incalculable qui ne cesse de grossir au jour le jour. La figure d’Abraham, croyant, nous pousse à persister dans la foi, malgré les vicissitudes auxquelles le chrétien est confronté.

Ensuite la conviction que : « nous sommes citoyens des cieux ». Il y a donc une différence d’approche de la vie selon qu’on est chrétien ou mondain. Parce que nous croyons en la transformation de notre corps, nous empruntons le chemin de cette transformation, chemin de salut  à travers l’acception de la croix (signification de la transfiguration). Croire ou ne pas croire en la résurrection de la chair ne saurait rester sans implications pratiques sur le vivre au quotidien.

Enfin, la nécessité de devenir disciples du Christ par l’écoute du maître dans la confiance totale et son imitation, ainsi que nous y invite la voix qui résonne de la nuée. Nul n’ignore que Jésus-Christ est ressuscité. Pourtant, beaucoup oublient qu’il a souffert jusqu’à la mort. Ils oublient pareillement que la Croix (passion et mort) est l’instrument de glorification du Christ. Mourir à soi et à sa volonté propre pour rendre disponibles ses oreilles, son cœur et sa vie à Dieu par Jésus, voilà ma fille le vrai chemin qui nous évite de devenir idolâtres du monde. C’est ainsi que tu tiendras bon dans le Seigneur.

Père Jean OUSSOU-KICHO (Curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Godomey-Fignonhou)

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