mars 20, 2019
Editorial

Dures limites

Il faut le reconnaître : l’intégration des personnes en situation de handicap dans notre société, au sein de leurs familles comme à l’école n’est pas du tout simple. Elle est même parfois très difficile. Quand des milliers d’enfants n’ont pas accès à l’école à cause de leur handicap, quand certains d’entre eux sont soumis à la raillerie des soi-disant « bien portants », nos décideurs donnent l’impression de regarder ailleurs. Certes, les lois sont votées, quantités de discours à double fond sont prononcés, mais peu d’actes accompagnent ces intentions médiatiquement affichées, abandonnant les personnes porteuses de handicap à leur sort.

En réalité, dans notre monde convenu aux ressorts rouillés par l’indifférence, l’idéologie de la performance et de la rentabilité, les personnes vulnérables sont considérées comme des problèmes à résoudre. Notre regard ainsi aveuglé ne peut voir en eux que le handicap et non la personne. Et c’est ce qui est bien triste ! C’est pourquoi, à plusieurs reprises, le Pape François a attiré l’attention sur le sort des personnes en situation de handicap dans le monde et dans l’Église. Il nous invite à aller au-delà des apparences, et pénétrer jusqu’à l’intime vérité de ces êtres qui nous révèlent le visage même de Dieu. Pour lui, l’Église « ne peut pas “perdre la voix” ou “sonner faux” dans la défense de la promotion des personnes porteuses de handicap ». Et, de façon particulière, la catéchèse est appelée « à découvrir et à expérimenter des formes cohérentes afin que toute personne, avec ses dons, ses limites et ses handicaps, même graves, puisse rencontrer Jésus sur son chemin » (Discours aux participants au congrès sur “Catéchèse et personnes porteuses de handicap”, 21 octobre 2017).

En vérité, le handicap et la fragilité de ces « pauvres » démasquent nos égoïsmes. Ils nous renvoient à nos propres limites, nous poussent à nous remettre sans cesse en question, en nous ramenant à la simplicité même de la vie. De cela certains ont bien peur.

La sonnette d’alarme tirée par les enfants pour une éducation inclusive des personnes handicapées ce 13 mars (jour doublement symbolique pour l’Église et le Bénin) va-t-elle réveiller nos « âmes habituées » ?

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