mars 20, 2019
Questions/Réponses

Questions / Réponses

Question

« Ben Sirach et Jésus insistent sur le fait que c’est le fruit qui révèle la qualité de l’arbre. Or mon cœur est souvent tiraillé entre le Bien et le Mal. Alors Père, que dois-je faire concrètement pour que mon cœur produise de bons fruits ?

Déborah AJAVON (Élève)

Réponse

Ma fille, les textes de ce 8e dimanche du temps ordinaire t’invitent à ce pan de la sagesse qu’est le discernement. Pour Ben Sirach le Sage et pour Jésus, le fruit que produit l’arbre est révélateur de sa qualité. Or bien souvent, le cœur humain est tiraillé entre le Bien et le Mal. Ce qui ne permet pas toujours de porter de bons fruits, faute d’un bon discernement. Que faire donc pour que notre vie produise de bons fruits ?

L’image de l’arbre renvoie ici au disciple du Christ et les fruits en sont la manifestation extérieure. Ces bons fruits sont cités abondamment dans le passage évangélique du dimanche dernier : l’amour du prochain jusqu’à celui de l’ennemi, la générosité, la bienveillance, la maîtrise de soi, la miséricorde, le pardon, la retenue dans le jugement et la condamnation des autres, l’humilité et la clémence.

Les fruits sont identifiés ; reste entière cependant ta question. Pour que l’arbre de ta vie chrétienne produise ces fruits, il faut essentiellement une seule chose : la formation au discernement. Jésus en parle presque par allusion dans l’évangile. Pourtant, c’est l’unique réponse à la question. Il s’agit de se former à ressembler au Maître. Pour y arriver, il faut d’une part éviter la précipitation dans l’appréciation et cultiver la patience de l’observation (première lecture) et, d’autre part, s’armer de persévérance en Jésus pour devenir victorieux de ce combat (deuxième lecture).

Cette formation implique avant tout le regard que l’on pose sur les autres et sur soi (Évangile). Les yeux renvoient en effet tour à tour à la lumière, à la conscience et par ricochet au discernement (première lecture). La production de bons fruits transite nécessairement par la formation de la conscience. Sans cette dernière, sanctuaire dans lequel la voix de Dieu se fait entendre et nous invite à faire le Bien et à éviter le Mal, il sera difficile de produire les fruits ci-dessus cités. C’est donc le cœur qu’il faut former puisqu’il est l’enjeu déterminant de bonté ou de la malice de l’arbre.

Le fondement de cette formation doit reposer sur la lumière de la Parole de Dieu. En clair, tu dois faire d’elle ta lumière et le lieu de ton enracinement. Tu es appelée à aller à l’école de Jésus pour lui ressembler. L’objectif poursuivi trouve sa pointe dans la deuxième lecture. La peine que l’on se donne à se dépouiller des actes peccamineux, signe de la présence du vieil homme, n’est pas vaine. Elle est équivalente à l’émondement des branches de l’arbre de notre vie chrétienne pour que se multiplient les bons fruits. Elle signifie aussi la persévérance dans le Bien pour restreindre le règne du Mal. Du coup, plus on s’enracine dans la Parole du Christ, plus les fruits se bonifient.

Ma fille, si tu veux produire de bons fruits, travaille ce lieu secret où la voix de Dieu retentit sans équivoque dans ta vie. Elle t’aidera à opérer le discernement entre le Bien et le Mal.

Père Jean OUSSOU-KICHO (Curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Godomey-Fignonhou)

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

8 + dix =