juillet 21, 2019
Politique

LÉGISLATIVES 2019 AU BÉNIN : Anticiper sur les risques de frustration

LÉGISLATIVES 2019 AU BÉNIN

Anticiper sur les risques de frustration

Le mardi 26 février 2019, la Commission électorale nationale autonome (Céna) a clôturé la liste des candidatures de partis politiques devant compétir pour la 8e législature au Bénin. De façon provisoire, sept partis politiques ont déposé leurs dossiers tandis que les forces de l’opposition dénoncent leur exclusion du processus électoral.

Forces Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe) et Restaurer l’Espoir se seraient-ils définitivement mis en marge des élections législatives du 28 avril 2019 ? La réponse à cette question semble bien difficile même si Léon Basile Ahossi, membre de l’opposition, clame haut et fort que les forces de l’opposition « se battront de toutes leurs forces afin qu’aucune consultation électorale ne se tienne sans elles », dans une déclaration commune des partis de l’opposition ce mercredi 27 février 2019. Du moins, les deux regroupements de partis politiques ayant comme leaders Thomas Boni Yayi (leader des Fcbe) et Candide Azannaï (président du parti Restaurer l’Espoir) ne s’affichent pas sur la liste des partis provisoirement en lice pour les législatives. Et pour cause ! Ils dénoncent des dispositions non conformes au Code électoral notamment l’introduction du certificat de conformité dans la liste des pièces à fournir pour la députation.

Des échanges sans issue notable Le lundi 18 février 2019, certains membres de l’opposition dont les anciens présidents Thomas Boni Yayi et Nicéphore Soglo ont tenu une conférence de presse pour tirer la sonnette d’alarme. Dans leurs déclarations, ils ont relevé des « non-dits » sur l’exigence du quitus fiscal. Et pourtant, la Céna en publiant la liste des pièces à fournir le 22 janvier 2019 a été précise : tout parti devra présenter « un quitus fiscal des 3 dernières années (2016, 2017, 2018) attestant que le candidat (titulaire ou suppléant) est à jour du paiement de ses impôts » (Article 46 du Code électoral). Si les forces de l’opposition peinent à se procurer ce sésame au ministère de l’Économie et des Finances, elles sont davantage échaudées quant à la délivrance du certificat de conformité sollicité par la Cour constitutionnelle. En cela, elles incriminent le mi
nistère de l’Intérieur de favoriser les partis de la mouvance.

En recevant une délégation des membres de l’opposition le lundi 25 février 2019 au Palais de la Marina, le président Patrice Talon a clairement affiché sa volonté de respecter strictement les dispositions du Code électoral. « Le constat de l’absence de l’opposition aux élections si ça se confirme, je ne souhaite pas que ça soit ainsi, ce sera vraiment malheureux. Mais ce ne sera pas de ma responsabilité », ajoute-t-il après avoir rappelé que son « rôle est de veiller à ce que les uns et les autres respectent les lois de la République ». Face aux plaintes de Candide Azannaï, Eric Houndété et bien d’autres, le président de la République n’en démord pas. « Je ne peux pas comprendre pour finir ce chapitre, qu’il soit fait obligation aux nouveaux (partis) de satisfaire certaines formalités difficiles et que les anciens en soient exempts », précise-t-il. Il a renvoyé ses interlocuteurs à se conformer à la loi à l’image des partis politiques qui se sont déjà procuré le quitus fiscal et le certificat de conformité.

8 jours pour étudier 7 dossiers Le mardi 26 février 2019, aux environs de 23h, un remue-ménage s’observe au siège de la  Céna. Le dernier parti politique venu déposer son dossier de candidature pour les élections législatives a été l’Union Démocratique pour un Bénin Nouveau (Udbn). Mais bien avant lui, l’équipe d’enregistrement des dossiers de candidatures à la Céna a reçu les délégations des partis : Union progressiste, Bloc républicain, Mouvement des élites engagés pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin), Force cauri pour le développement du Bénin (Fcdb), Parti du renouveau démocratique (Prd), Union sociale libérale (Usl).

À 00h, le portail de l’institution se referme sur ces sept listes de candidatures enregistrées. « Je ne trouve pas que la Céna soit responsable du non dépôt ou de la non entrée à la Céna des partis politiques qui ne se sont pas présentés à l’heure », martèle Emmanuel Tiando, président de la Céna. « Nous allons vérifier la recevabilité des dossiers qui ont été déposés et après, nous allons donner le récépissé définitif, quitte à ce que si quelqu’un voit son dossier rejeté, qu’il saisisse la Cour », renchérit-il tout en montrant sa détermination à respecter le Code électoral et le calendrier des élections. Mais pourra-t-on organiser des élections législatives paisible dans une ambiance de frustration d’une partie de la classe politique ?

Related Posts