février 24, 2019
Questions/Réponses

Questions / Réponses

 Questions

« Laissant tout, ils le suivirent ». Père, quel peut être le secret de l’abandon total à Dieu ?

Christopher SOULTON AGBOTON (Logisticien)


Réponse

Mon frère, les textes de ce 5e dimanche ordinaire C nous permettent de méditer sur le thème général de la vocation. Dans l’évangile de ce jour, les premiers disciples ont tout laissé pour suivre le Christ. Dans le monde, des milliers d’hommes et de femmes abandonnent tout pour répondre à l’appel de Dieu. N’est-ce-pas admirable ? Mais alors, quel est le secret d’un abandon aussi total à Dieu ? À travers les textes de la liturgie de ce jour, nous en distinguons trois. D’abord, il est important de faire l’expérience de la grandeur mais aussi de la proximité de Dieu qui révèle l’homme à lui-même dans sa vérité. L’abandon total de l’homme à Dieu provient d’une initiative primordiale de ce dernier qui se révèle comme le Tout-Autre (triple sainteté, Seigneurie, amour naguère méconnu du Christ par Paul) mais aussi comme le Tout-Proche (vision, vue et apparition). Cette expérience de Dieu par l’homme le situe dans son juste rapport à Dieu : créature pécheresse indigne de sa présence du fait de ce qui, en nous, est incompatible avec Dieu : le péché (« Je suis un homme aux lèvres impures », « Je suis un homme pécheur », « J’ai persécuté l’Église de Dieu ». Il n’y a pas abandon total de soi à Dieu sans ce préalable. Ensuite, une découverte de l’amour de Dieu qui pardonne et qui s’abandonne jusqu’à la mort est fondamentale. Le deuxième secret est de se savoir totalement aimé d’un Dieu qui a donné sa vie pour moi. L’abandon sans réserve de Dieu à l’homme précède dans sa réalité celui de l’homme à Dieu. Les textes l’expriment à travers le pardon (purification des lèvres du prophète Isaïe, parole de miséricorde du Christ à Pierre « sois sans crainte », transformation totale de Paul par la grâce du Christ), l’amour (le Christ qui donne sa vie pour nous) et la marque de confiance de Dieu en l’homme. La traduction de cette confiance est l’appel par Dieu du pécheur pardonné à collaborer à son œuvre. Enfin, il est nécessaire de comprendre que le véritable bonheur humain est de servir Dieu. Le dernier secret réside dans l’assurance que le service de Dieu est la meilleure option vitale pour l’homme. Comme la pécheresse pardonnée qui a fait montre d’un amour débordant, on ne peut découvrir la présence de Dieu et son amour pour soi sans s’abandonner irrésistiblement et totalement à lui : il peut prendre soin de nous en toutes choses. Cet abandon repose d’un côté sur le détachement complet d’une vie antérieure d’offenses à Dieu (1ère et 2e lectures) ou de confiance absolue en ses propres compétences (Évangile) et, de l’autre, sur la confiance et la disponibilité inconditionnelles (« Moi, je serai ton messager, envoie-moi » ; « Je me suis donné de la peine plus que tous les autres », « Laissant tout, ils le suivirent ». Mon frère, pour t’abandonner totalement à Dieu comme les apôtres, tu as besoin de découvrir Dieu comme le Très Saint qui t’aime et te pardonne, qui ne craint pas la mort pour ta pleine vie. En répondant favorablement à son appel, tu réaliseras ton bonheur de vivre. Tout le secret est là. Essaie de le vivre et tu verras.

Père Jean OUSSOU-KICHO

(Curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Godomey-Fignonhou)

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

18 − 2 =