août 18, 2019
Questions/Réponses

Questions / Réponses

Question

« L’amour supporte tout », affirme Saint Paul. Comment est-ce possible quand on est sujet aux pires humiliations ?

Marie-Joseph Samuella KOFFI, Elève


Réponse

Ce 4e dimanche nous donne l’occasion de méditer les textes à partir de l’hymne à l’amour de Saint Paul écouté en deuxième lecture. « L’amour supporte tout », affirme l’apôtre des Gentils. Comment est-ce possible quand on est sujet aux pires humiliations ? Le psalmiste, en s’interrogeant dit : « si l’insulte me venait d’un ennemi, je pourrais le supporter, … mais toi, mon intime… » À vrai dire, les moments d’humiliation, justifiés ou non, ne sont pas faciles à vivre, cependant, avec les textes de ce dimanche, on peut y arriver.

Les textes mettent tous l’accent sur l’identité (annonce de la Parole sans craindre l’adversité de l’auditoire dans la 1ère lecture, et l’Évangile et l’amour comme sommet pour une véritable vie chrétienne). Nous sommes ainsi invités à retrouver la liberté intérieure grâce à la fidélité à notre identité. Face à la question du jour, il s’agit de l’amour inconditionnel qui résiste à toutes les barrières, même celles de l’humiliation. Pour continuer à aimer dans l’humiliation, il faut trouver le motif de l’amour qu’on a pour l’autre en soi, qui n’inhibe pas nos actions : « Jésus, allant son chemin, passait au milieu d’eux ». Dieu est, en effet, le premier à nous aimer.

L’amour gratuit qui appelle à l’existence une personne ne se vide jamais (1ère lecture). Humiliés, nous sommes appelés à rester fidèles à l’amour : c’est notre caractère. D’ailleurs, l’humiliation accueillie dans l’Esprit du Christ peut même contribuer à la maturité de notre amour. Sous cet angle, l’humiliation se révèle comme chemin purificateur de l’amour : Une sainte disait que chaque reproche, chaque humiliation est un mot d’amour de Dieu pour la configurer à la croix de son fils. Elle transforme l’humiliation en tremplin de grâce par une remise en cause personnelle. Du coup, elle est transfigurée.

L’amour qui passe les épreuves et les humiliations, les croix et les persécutions et qui se renouvelle dans le pardon est l’amour purifié de ses scories subjectives. L’humiliation devient le terreau de la croissance, voire de la maturation de l’amour que nous portons. Elle se transforme en chemin de résurrection. Ici précisément, tout change, quand nous avons les yeux fixés sur Jésus. La Bibliste Marie Noëlle Thabut, dans un beau commentaire de cette 2e lecture, fait remplacer le mot amour par Dieu. Dieu supporte tout, même les pires humiliations. Nous l’avons reconnu en Jésus-Christ, le plus grand humilié du monde, le crucifié.

La réaction des Nazaréens vise ni plus ni moins à humilier le Christ. Le drame du rejet de Jésus et de sa passion est tout entier ici. Pour autant, Jésus ne le rejettera pas. En passant au milieu d’eux, il continue d’emprunter le chemin de l’amour qui culmine au sommet de la croix. La réponse du Christ à ceux qui ont ourdi cette humiliation est le pardon accordé publiquement. C’est la meilleure réponse, la fine expression de l’amour. Ma sœur, ton identité chrétienne est d’aimer malgré l’humiliation qu’on t’inflige. Cette dernière accueillie comme vouloir de Dieu est lieu de maturité de l’amour. Le Christ l’a vécu jusqu’au bout du pardon. Et si on l’imitait ! Tout changerait !

Père Jean OUSSOU-KICHO (Curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Godomey-Fignonhou)

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