février 24, 2019
Comprendre la Parole

COMPRENDRE LA PAROLE

3e Dimanche ordinaire-C

La mission de Jésus : un déploiement de la puissance de l’Esprit

Jésus, après son baptême (Lc 3,1-22) commence la mission; celle que l’Esprit qu’il a reçu l’envoie accomplir. L’oint de l’Esprit est le Christos en grec, mot qui a donné « Christ » en français. C’est le même mot qui traduit le Messie en référence au mot hébreux « Mashiah ». Le baptisé, c’est l’oint du Seigneur ; avec Jésus, il est Christ et Messie, même s’il vient de la race humaine. Luc introduit cette subtilité de sens en plaçant en amont de notre épisode (Lc 4, 14-31), d’abord le baptême (Lc 3, 21-22), ensuite la généalogie de Jésus (Lc 3, 23-38) dont la dernière phrase résume ce que le baptême fait de nous en Jésus : avec nous et pour nous, il s’est fait fils d’Adam (Lc 3, 38) ; en Lui et avec Lui qui est Fils de Dieu, nous sommes fils de Dieu par son Esprit que nous avons reçu au baptême. Il est remarquable que la puissance de l’Esprit qui se manifestait en Jésus l’ait d’abord conduit à Nazareth où il a été élevé : l’Esprit que nous avons reçu au baptême, nous donne rendez-vous dans nos lieux de culte, dans nos maisons, nos familles, nos pays, nos continents respectifs pour les transformer.

Si tous les baptisés prenaient conscience qu’ils sont des pierres vivantes animées par l’Esprit Saint, chacun participant selon son charisme, à l’édification de la même communauté humaine, sans que personne cherchant à valoriser ses propres talents, ne dénigre ceux des autres, Dieu serait glorifié dans nos communautés qui deviendraient par l’harmonie qui y règne, les images et reflets de la communion qui se trouve au cœur des personnes divines. Saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens (12, 12-30) fait comprendre la corrélation dans l’exercice des talents impartis par l’Esprit Saint à chacun. Les plus grands talents ont besoin de s’aider des plus petits, et ceux-ci malgré leur insignifiance apparente sont irremplaçables dans la construction de la communauté : ce qui importe, ce n’est ni la place de premier choix ni celle du second choix que nous occupons par nos charismes, mais c’est la mise au service de la communauté, du talent reçu. Pour construire la communauté humaine et celle de l’Église, la plupart des hommes aspirent aux grands charismes qui les mettent au centre de l’attention des “grands” de la terre. Jésus choisit d’annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.

La Bonne nouvelle aux pauvres Les première et troisième lectures nous situent dans un contexte liturgique fondé sur la Parole de Dieu et l’enseignement. Quand tout s’écroule autour de nous et nous touchons le fond de notre pauvreté, seule la Parole de Dieu peut nous consoler et nous rendre l’espérance en nous rappelant notre identité de croyant. Elle est la lumière de nos pas, la lampe de notre route (Ps 118, 5). Pendant que le païen ou le chrétien syncrétiste béninois interroge le fâ pour se faire révéler le mystère de sa vie au cœur des difficultés qui l’étouffent, le bon chrétien interroge la Parole de Dieu.

L’unité de nos familles et de nos communautés où tant de pauvres sont lassés de la vie et sont en perte totale de repère, ne peut se faire qu’autour de la Parole de Dieu qui redonne sens à nos vies. Jésus inaugure sa mission en faisant une réappropriation adaptée de la prophétie d’Isaïe 61, 1-2. Ce chapitre s’insère dans la troisième partie du livre d’Isaïe (Is 56-66) et se réfère à la période du retour (530 avant J-C) à la patrie des Juifs qui ont été exilés en Babylonie. Ces derniers se retrouvèrent devant un cumul de ruines dans leur pays. Ils ont compris que l’urgence n’est pas de se concentrer sur leurs propres misères, mais de se construire une précise identité personnelle autour de la Parole de Dieu. Les prêtres et lévites instruisirent donc le peuple sur la Torah avec zèle et enthousiasme. De la même manière, la mission prophétique de Jésus, fondée sur l’annonce de la Parole de Dieu, se propose à tous ceux qui n’en peuvent plus, comme une joie, un jubilé (Lv 25,8-11) en ce sens qu’elle vient nous libérer de nos péchés par le pardon en nous tirant de nos aveuglements par la grâce de sa Parole.

Père Antoine TIDJANI (BIBLISTE)


  • Dans ma vie

– Et si chaque jour, je lisais quelques chapitres de la Bible ?
– Et si chaque famille reprenais au sérieux, la méditation quotidienne de la Parole de Dieu au coeur des séances de prière familiale où chaque membre aurait son mot à dire sur le texte lu ?

  • A méditer
    Si la mission prophétique de Jésus est de libérer l’homme en lui remettant ses dettes, tout baptisé est interpellé sur combien de fois il a été déjà libéré par Jésus et combien lui, il s’endurcit à enfermer son prochain dans les prisons de ses dettes.
  • A lire
    (Né 8,1-4a. 5-6.8-10 ; Ps 18 ; 1Co 12,12-30 ; Lc 1,1-4 ; 4,14-21)

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