janvier 23, 2019
Comprendre la Parole

COMPRENDRE LA PAROLE

Le baptême de Jésus, fils de Dieu

Cet épisode a été rapporté aussi par les autres synoptiques (Mt 3, 13-17 ; Mc 1, 9-11). Jean y a fait allusion (Jn 1, 32-34). La concordance des sources milite donc en faveur de l’authenticité de l’événement et arrache un sursaut d’émerveillement à qui sait que le baptême confère la grâce sanctifiante et libère l’homme du péché originel et de tous les autres péchés. Jésus serait-il un pécheur ? Puisqu’il fait nombre avec les pécheurs pour recevoir le baptême comme le décrit si bien Luc : « Comme tout le peuple se faisait baptiser…après avoir été baptisé lui aussi ». Ce choc qui est le nôtre a été traduit par Matthieu sur les lèvres de Jean-Baptiste : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! » (Mt 3, 14). Jésus est bel et bien Saint, sans péché, parce que Fils de Dieu et Dieu lui-même, comme le confirment les généalogies qui font immédiatement suite à son baptême. Ces mêmes généalogies l’identifient chez Luc comme fils d’Adam (Lc 3, 38). On comprend, à la lumière de la prophétie d’Isaïe, que Lui qui est sans péché a pris sur lui nos infirmités (Is 53, 4). À quelles fins ?
Pour que la grâce du ciel se communique à l’homme Le péché originel a rompu la communion entre Dieu et les hommes : Dieu renvoya l’homme du jardin d’Éden et le bannit en postant les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie (Gn 3, 23.24). Après le baptême de Jésus qui s’est rendu solidaire d’Adam en humanité (Lc 3, 38), le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur Jésus. Jésus devient ainsi pour nous le lieu d’une nouvelle création qui n’est plus celle du chaos des origines sur lequel planait l’Esprit de Dieu (Gn 1, 2). En Jésus, l’Esprit descend sur l’humanité qui se réconcilie avec la Divinité. L’humanité re-créée devient en Jésus par le baptême, le réceptacle des grâces de Dieu, la demeure de Dieu, le lieu où à nouveau, coule à flots l’abondance de vie qui conduit à l’émerveillement du psalmiste du jour : « Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! La terre s’emplit de tes biens…Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre » (Ps 104, 24.30). Nous assistons au baptême, à l’accomplissement des promesses faites dans la prophétie d’Isaïe : « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle » (Is 65, 17). Les mots et les images sont convergents et nous font comprendre que l’humanité sans la grâce communiquée par Dieu en Jésus, tombe en ruine et meurt.
Pour que le baptisé devienne fils de Dieu Le don inouï dont nous gratifie le baptême, c’est de faire de nous des fils de Dieu dans son unique Fils Jésus-Christ. Tous les trois évangiles synoptiques ont fait état de la voix de Dieu témoignant en faveur de Jésus. Mais tandis que dans ce témoignage émanant du Père, Matthieu et Marc font appel à Is 42, 1 qui présente Jésus comme le « Serviteur » de Dieu qui reçoit l’effusion après l’élection, Luc cite le Ps 2, 7 qui présente Jésus comme le Roi-Messie intronisé au Baptême pour établir le Règne de Dieu dans le monde : « Tu es mon fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré ». Le baptisé devient ainsi par le baptême l’âme du monde. Il anime le monde du souffle de l’Esprit qu’il a reçu pour que Dieu règne dans tous les espaces où l’envoie l’Esprit. Créature nouvelle en Jésus, le baptisé est une bénédiction pour l’humanité. Il ouvre un nouvel horizon dans le monde, celui où, par un regard nouveau sur les choses et les êtres, il fait percevoir la puissance de l’amour de Dieu qui remplit l’univers et qui l’emporte sur la haine se déchaînant en une spirale de guerres. Par lui, Dieu fait règner l’Amour.


  • Dans ma vie

Rendre grâce à Dieu du baptême reçu en m’émerveillant : Quelle abondance de vie divine coule à flots en moi !

  • À méditer 

« Tu es mon fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré » (Lc 3, 22 ; Ps 2, 7) – Le baptisé anime le monde du souffle de l’Esprit qu’il a reçu pour que Dieu règne dans tous les espaces où l’envoie l’Esprit. Par lui, Dieu fait règner l’Amour.

  • À lire

(Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 (104), 1-4, 24-25.27-30 ; Tt 2, 11-14 ; 3, 4-7 ; Lc 3, 15-16.21-22)

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