septembre 15, 2019
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JUBILÉ D’OR SACERDOTAL DE MGR ANTOINE GANYÉ : Pasteur dévoué, bienveillant et prudent

Le samedi 5 janvier, 2019 en la paroisse Saint Jean-Baptiste de Sèdjè-Dénou, Mgr Antoine Ganyé a rendu grâce au Seigneur pour ses 50 ans d’ordination presbytérale. Autour de lui pour la coupe d’action de grâce, Messeigneurs Roger Houngbédji, Aristide Gonsallo, François Gnonhossou, Barthélémy Adoukonou avec une centaine de prêtres, de nombreux religieux et religieuses avec de nombreux fidèles venus.

  • Un sacerdoce humble et vécu dans la joie

Le samedi 5 janvier 2018, la paroisse Saint Jean-Baptiste de Sèdjè-Dénou était remplie de monde aussi bien dans l’église que sur la cour de la paroisse où était installées des bâches de couleur bleu blanc. La paroisse accueillait en effet, un de ses dignes fils, Mgr Antoine Ganyé, archevêque émérite de Cotonou, qui fête son jubilé d’or d’ordination sacerdotale. La célébration commence par une procession d’une centaine de prêtres et quatre évêques devant le prélat jubilaire vêtu d’une chasuble jaune or éclatant de grâce. Au début de la messe, le père Cosme Gbétie, curé de la paroisse, souhaite une « bonne et heureuse année sacerdotale » à l’archevêque émérite, en faisant remarquer que cette célébration « exprime l’honneur et la valeur » portés au sacerdoce.

À sa suite, le père Hubert Kédowidé, directeur de la commission diocésaine de la communication, procède à la lecture du message du pontife romain, le Pape François, à Mgr Ganyé (voir encadré). Message développé dans un grand tableau offert à Mgr Ganyé par l’archidiocèse de Cotonou. L’archevêque émérite de Cotonou exprime sa joie de voir un monde aussi nombreux autour de lui pour cette action de grâce. Dans son homélie, le père Ambroise Lahatan rappelle le parcours élogieux du jubilaire, son travail et ses luttes en tant que prêtre et pour le prêtre. C’est « un événement rempli d’espérance pour nous les jeunes prêtres », précise-t-il.

Paraphrasant le psaume du jour, il lance : « Réjouis-toi Sèdjè-Dénou, terre de première évangélisation car il est grand au milieu de toi celui dont la fête fait ta fête. Et ici il s’agit de la fête du sacerdoce ! Réjouis-toi Sèdjè-Dénou, terre de première évangélisation, car il est grand au milieu de toi celui dont la grandeur fait ta grandeur. Et ici la grandeur devient service, don de soi, ascèse, abnégation et abandon total à la volonté de Dieu ». Il « nous apprend à vivre en enfants de Dieu parce que nous sommes vraiment les fils bien-aimés et donc à vivre du secret du cœur de Jésus à l’égard de son Père. Il est Lui Jésus, le fils bien-aimé et il veut que nous soyons fils en lui, et il nous indique le chemin ». Le sacerdoce fait du prêtre un don au Seigneur, poursuit-il. « Dieu est amour et nous introduit dans cet amour », et nous devons en vivre.

À la fin de la célébration, la parole est donnée au chef d’arrondissement de Sèdjè-Dénou, au vice-président de la paroisse, à un représentant de la famille et à un représentant du clergé de Cotonou. Chacun a exprimé sa gratitude à Dieu et à Mgr Ganyé qui a réuni toute cette assemblée grâce à son amour pour le Seigneur et sa fidélité à sa volonté. Ils n’ont pas manqué de remercier l’archevêque de Cotonou, Mgr Roger Houngbédji, qui s’est personnellement impliqué dans l’organisation du Jubilé. Pour finir, un cadeau a été remis à l’archevêque émérite au nom du clergé de Cotonou. En prenant la parole, l’évêque jubilaire salue et remercie tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l’événement. Il rappelle que certains lui ont demandé d’écrire comment il a compris et vécu son sacerdoce. « Ce travail, dit-il, je l’ai accompli, dans le petit livre intitulé 80 ans, don gratuit de la providence. Et en partie dans l’ouvrage qui porte le titre : Mémoire d’une vie » et qui vient de paraître. Le sacerdoce du Christ « n’est pas seulement une onction, c’est un engagement total de la personne en vue d’une cause supérieure.

C’est un sacerdoce qui inclut le sacré et la dignité ». Il souligne que « le Seigneur choisit son prêtre par le don du sacerdoce pour faire de lui un serviteur privilégié au service de l’amour et de la sainteté de Dieu ». Pour finir, l’archevêque émérite remercie encore les évêques présents pour leur soutien et tous ceux qui ont fait le déplacement, les hommes et femmes de tous ordres, religieux et politiciens. Il ne manque pas de souhaiter une bonne et heureuse année au président de la République avant de lui demander deux cadeaux (voir encadré) et de lui poser une question : « Comment se fait-il que la courbe de croissance économique monte tandis que la courbe du bien-être matériel individuel baisse ? ».

Stanislas Amoussou


« Je demande deux cadeaux au chef de l’État »

C’est ma fête et je voudrais demander deux cadeaux au chef de l’État puisqu’il est le père de la nation. Nous les fils, nous pouvons tout lui demander. Surtout lorsque nous célébrons notre anniversaire. Quand j’étais aumônier des jeunes et de certains cadres, nous étions beaucoup préoccupés par le problème du manque d’emploi. Pour cela, quand j’ai été nommé comme curé à la paroisse Sainte Rita de Cotonou, nous avons formé un groupe de réflexion pour réfléchir sur les initiatives personnelles que tout un chacun pouvait prendre. Nous avons pensé à de petites entreprises que chacun peut créer, parce que l’État n’a pas d’emploi à donner à tout le monde. Dans le groupe, il y en a qui se sont lancés dans la création de leur propre entreprise. Alors, ce que j’ai entendu et c’est ça qui fait que je demande ce premier cadeau au chef de l’État, c’est que certains de ces petits entrepreneurs m’ont dit que leurs entreprises, leurs initiatives leur échappent. Comment cela ? Je voudrais demander au chef de l’État de pouvoir aider ceux-là à récupérer leurs petites entreprises s’ils s’adressaient par exemple à lui. C’est très important. Ce sont ces petites entreprises qui leur permettent de vivre. Elles leur permettent de construire et de faire avancer la nation. Ce sont ces entreprises qui font que l’homme ou la femme est debout. Alors, si le président veut bien user de sa générosité pour que ceux-là qui perdent leurs entreprises puissent entrer dans leurs biens et continuer leur travail. C’est merveilleux d’être président. Quand on est président, on est capable de beaucoup de choses. Donc, lui qui est là maintenant et qui est notre président, je lui demande une « petite amnistie ». C’est le deuxième cadeau que je demande au chef de l’État. S’il peut même fractionner le mot « amnistie » et nous donner la moitié pour nos frères qui sont ses frères, nos sœurs qui sont ses sœurs, prisonniers ou en exil ! Je le demande à notre président qui est bon au fond. Je sais que ce sera peut-être dur pour lui. Mais, justement, c’est quand l’homme brise ce qui est dur qu’il est vraiment homme. Il va m’écouter. Je ne dis pas qu’il ne faille pas rembourser ce qu’on doit à l’État si on lui doit. Rendons à l’État ce que nous lui devons dans la liberté et selon les règles qui nous auront été définies. Voilà les deux cadeaux que je demande pour mon anniversaire.

(Extraits du discours de remerciement de Mgr Antoine Ganyé, le samedi 5 janvier 2019 à Sèdjè-Dénou.)

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