mars 20, 2019
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Sauver l’écosystème de demain

Réchauffement climatique

Sauver l’écosystème de demain

La Cop 24 s’achève ce vendredi 14 décembre 2018 à Katowice (Pologne). Pendant que l’humanité ploie sous les menaces du réchauffement de la terre et des perturbations climatiques, la diplomatie internationale sur le climat engagée à Katowice peine, au bout de deux semaines, à trouver des solutions définitives pour réduire l’émission des gaz à effet de serre. La tendance est plutôt à la recherche de palliatifs sous le vocable de « transition juste ».

La planète terre connaît l’un de ces moments les plus effroyables : chaleur étouffante, pluviométrie irrégulière, mauvaises récoltes, production massive de gaz à effet de serre, événements météorologiques affreux, etc. Cette situation reste davantage préoccupante en Afrique. Au Bénin, l’écosystème est en danger, avec la raréfaction de certaines espèces naturelles, la désertification avancée, les maladresses dans les politiques de reboisement, la pollution atmosphérique, la gestion inadéquate des déchets solides et ménagers.

Les Organisations non gouvernementales ne cessent de tirer la sonnette d’alarme face à des décideurs chargés d’appliquer la politique climatique mondiale. La Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Cop) ne manque pas de rencontres internationales pour freiner la destruction massive de la couche d’ozone, et assurer la protection de l’écosystème. En ce moment à Katowice, le monde entier attend que le miracle se produise à la Cop 24.

L’objectif du rassemblement de cette année est d’adopter le « plan d’action de Katowice pour la transition juste », dans un contexte où le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) est ferme : « Si le monde veut limiter le réchauffement à +1,5°C et éviter une planète à +2°C qui subirait plus d’événements météo extrêmes, il faut réduire de près de 50% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 ». Les pays pétroliers (États-Unis, Koweït, Russie, et Arabie saoudite), grands producteurs de gaz à effet de serre, réprouvent unanimement cette conclusion du groupe indépendant d’experts de l’Organisation météorologique mondiale.

Dans le rapport de travail remis à la présidence polonaise de la Cop 24, ils exigent que l’on mentionne que les pays « prennent note » du rapport scientifique produit par le groupe d’experts et préconisent d’introduire le terme « Charbon propre » dans les échanges. à contrario, les pays insulaires, certains pays latino-américains et le continent africain soutenus par l’Union européenne, militent pour que le rapport « soit accueilli favorablement » et que l’assemblée donne vie à l’Accord de Paris, adopté en 2015 à la fin de la Cop 21.

Après la cérémonie officielle d’ouverture tenue le lundi 3 décembre 2018, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, est revenu d’urgence à Katowice le mercredi 13 décembre 2018 pour rappeler aux diverses délégations la nécessité de trouver un consensus. « Rater cette opportunité compromettrait notre dernière chance de stopper le changement climatique, hors de contrôle. Ce ne serait pas seulement immoral, ce serait suicidaire », a-t-il lancé. « Cela sonne comme un appel dramatique, mais c’est bien ce que c’est : un appel dramatique », a-t-il martelé, tout en rappelant que la lutte contre le changement climatique « est une question de vie ou de mort ».

On peut comprendre cet appel pressant d’Antonio Guterres quand on sait que depuis la Cop 22, les négociations sur le climat connaissent des situations difficiles. En 2016, la Cop 22 organisée à Marrakech (Maroc) a entamé les modalités de la mise en œuvre du Manuel d’application de la Cop 21. À Bonn (Allemagne) en 2017, la 23e Conférence internationale sur le climat a été marquée par l’opérationnalisation de l’Accord de Paris, la réduction de la production industrielle du charbon, le financement climatique et la finalisation des modalités de mise en œuvre du Talanoa Dialogue. À la Cop 24, les pays pétroliers notamment les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Russie sont revenus sur les acquis de la Cop 23 en soutenant entre autres l’utilisation des énergies fossiles. Or, selon le dernier rapport du Emissions Gap Report, les contributions nationales actuelles nous mènent sur une trajectoire de réchauffement de 3,2°C d’ici la fin du siècle.

L’objectif de faire aboutir les négociations sur les règles d’application de l’Accord de Paris se voit ainsi édulcoré par les postures inconciliables des pays industrialisés. La protection des forêts, la lutte contre la montée des eaux, l’adoption d’une version cohérente et digeste du Manuel d’application sont échaudées, et la Cop 24 s’achemine vers une énième conclusion non contraignante pour les pays pétroliers. Il est important que les différents pays taisent leurs querelles pour trouver le mécanisme adéquat afin de sauver l’écosystème mondial.

 Florent HOUESSINON


Katowice, le paradoxe

 Katowice est l’un des centres urbains les plus pollués d’Europe. Ceci, à cause du développement de l’industrie lourde, et de l’exploitation du charbon qui font prospérer l’économie polonaise. C’est donc dans une telle métropole où le climat est en fort déclin que la Cop 24 s’est déroulée. L’on comprend moins le choix de ce pays opéré par les Nations Unies pour abriter cette Conférence sur le climat à un moment où l’adoption de l’Accord de Paris a besoin d’un cadre de référence. 

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