août 18, 2019
Lectio divina

COMPRENDRE LA PAROLE

Entrons dans la phase pratique de l’attente du Messie

Père Antoine TIDJANI

BIBLISTE

3e Dimanche de l’Avent, C

En ce troisième dimanche de l’Avent, le ton est à la joie et à la confiance. Plus de crainte à avoir, car Dieu nous aime. Il nous renouvellera par son amour. Sophonie atteint le fin fond de l’amour de Dieu pour chacun : « Dieu dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête ». Saint Paul dans l’épître aux Philippiens, nous exhorte non seulement à la joie mais aussi à la sérénité, à la paix qui garde le cœur et l’intelligence dans le Christ Jésus. C’est à la voix de Jean-Baptiste qu’est revenue la charge de nous conduire à la préparation pratique au cœur du baptême de conversion qu’il donnait au peuple si bien activé à la conversion, qu’il en est arrivé à la question essentielle pour tout croyant : « que dois-je faire ? »

Un enseignement général pour tous

Le partage est l’attitude commune à laquelle Jean-Baptiste appelle tout le monde : celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même. La venue du Messie interpelle la conscience sur les disparités sociales, les gaspillages, l’indifférence et fait incliner les cœurs vers la charité qui fait comprendre à chacun que son frère, c’est lui-même. Le Seigneur dira mieux en s’identifiant à chaque pauvre : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Le livre des Proverbes traduit la même idée en ces termes : « Qui fait la charité aux pauvres prête à Yahvé qui paiera le bienfait de retour » (Pr 19,17). Ici, c’est l’image de Dieu qui s’offre à nous en exemple : Dieu ne garde rien pour Lui-même. Il donne abondamment et gratuitement tout ce qui fait vivre : l’eau, l’air (…) tout, tout, tout jusqu’au don de son Fils unique.

Vers la conversion de chaque corps de métier

Les publicains ou collecteurs d’impôts de même que les soldats, tous ceux que la population palestinienne regardait comme des pécheurs publics, des pauvres “types” veulent se mettre au pas. Chacun pose à Jean-Baptiste la question essentielle qui opère le déclic de la conversion : « Que devons-nous faire ? » C’est ici le lieu aussi pour chacun de faire son examen de conscience sur la manière dont il exerce sa profession. La personnalité morale et religieuse d’un homme, sa facture humaine en somme, se définit clairement dans le cadre de l’exercice de sa profession. Dis-moi comment tu exerces ta profession, et moi je te dirai qui tu es. Si l’Évangile pénètre nos milieux de travail et les imprègne tout entiers, la société se transformera en un paradis terrestre où il fait bon vivre pour chacun. Toutes les structures du péché que nous bâtissons autour de notre gagne-pain en bousculant les autres pour nous installer toujours plus, vont s’écrouler et nous apprendrons à être justes aussi dans notre façon de traiter nos employés. Le travail bien fait et la justice dans les rapports entre tous les acteurs du travail, en feront un lieu d’évangélisation. Depuis le mot d’ordre divin adressé à l’homme (« Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front », Gn 3,19), on comprend que la mentalité à convertir en Afrique, c’est celle qui frise parfois le parasitisme qui consiste à vouloir gagner son salaire et manger copieusement sans rien faire. Puisse le baptême dans l’Esprit et le feu (Cf. Ac 2, 2-3 : la Pentecôte), nous transformer en des hommes nouveaux qui, passés au crible de la vanne, auront laissé tomber de leur vie la paille en conservant le bon grain. Amen.


Dans ma vie

Nous devons nous reconnaître tel que nous sommes. Et si … je prenais l’habitude de faire un petit bilan de ma journée chaque jour de cet Avent ?


À méditer

  • « Tu aimeras ton frère comme toi-même » (Lév. 19,18).
  • « Dis-moi comment tu exerces ta profession et moi je te dirai qui tu es ».
  • So 3,14-18 ; Ct d’Is 12,2.4-6 ; Phi 4,4-7 ; Lc 3,10-18

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