décembre 12, 2018
Lectio divina

COMPRENDRE LA PAROLE

2e Dimanche de l’Avent, C

Un ciel plein d’espérance

la première lecture tirée de Baruc, nous avons la résonance des paroles isaïennes adressées aux exilés de Babylone et actualisées au temps de Baruc à toutes les communautés juives en dispersion loin de Jérusalem. La vie loin de Jérusalem est pour le Juif, comparable à la vie d’un poisson condamné à rester hors du milieu aquatique. Jérusalem, c’est le lieu d’habitation choisi par Dieu comme son temple. C’est le lieu qui procure la sécurité de la Présence de Dieu à son peuple qui du coup, se sent perdu et sans référence assurée loin de cette terre sacrée.

Ici, nous sommes dans le contexte d’un exil qui n’est plus celui des Juifs à Babylone, mais celui des Juifs pleins d’amertume dispersés dans les communautés gréco-romaines. C’est là que la parole prophétique de Baruc vient semer l’espérance dans les cœurs. Comme à Israël dans le passé, Dieu nous promet aujourd’hui à travers le Christ qui vient, une terre aplanie où nous cheminerons en sécurité dans la gloire de Dieu ; les arbres odoriférants sur son ordre nous donneront leur ombrage ; Dieu nous conduira dans la joie à la lumière de sa gloire en nous donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice. Mais il s’agit de se mettre en attitude de conversion pour pouvoir bénéficier de cette miséricorde.

À la voix du prophète de l’Ancien Testament, répond celle de Jean-Baptiste qui ouvre le temps de l’accomplissement des promesses qui vont être non plus pour Israël, mais aussi pour toutes les nations. Comme indices de cette universalité, Luc situe le cadre socio-politique et religieux du début de la prédication de Jean-Baptiste, en nommant deux provinces juives (la Galilée et la Judée) et trois provinces non juives (l’Iturée, la Traconitide et l’Abilène). Le contexte où prend corps l’annonce de Jean-Baptiste était paré politiquement et religieusement des personnages historiques précis dont les épaisseurs ne sont plus à démontrer: Tibère, le grand empereur ; Ponce Pilate le gouverneur de la Judée ; Hérode, prince de Galilée ; Philippe, prince d’Iturée et de Traconitide ; Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres Anne et Caïphe. À travers le désert, la voix de Jean Baptiste reprenant le deutéro-Isaïe (Is 40 ) crie : préparez le chemin du Seigneur…

Le deutéro-Isaïe prophétisait aux éxilés de Babylone qui, en plus de la souffrance d’être loin de Jérusalem, lieu de la présence de Dieu, étaient contraints à un travail de corvée chaque année en l’honneur du dieu païen Mardouk : ce travail consistait à tracer en plein désert une autoroute. Pour ce faire, il fallait combler les ravins, raser les collines, redresser les chemins tortueux.

Dans le désert de nos cœurs, tracer une autoroute qui nous conduit à Dieu

Nos cœurs sont souvent remplis de montagnes : ce sont nos tendances orgueilleuses. Les ravins à combler y sont présents aussi. Ce sont nos faiblesses à identifier, mais aussi les faibles à qui nous devons donner des coups de main pour qu’ils se relèvent tant sur le plan spirituel que matériel.

Nous avons chacun nos Mardouk, nos idoles que nous chérissons et pour lesquelles nous acceptons tous les sacrifices pénibles possibles. L’Africain peut s’endetter pour faire des sacrifices aux divinités. Les différents lieux d’idoles que nous portons en nous sont nos terres d’exil où nous vivons loin de Dieu dans l’esclavage. La conversion, la metanoia est de quitter ces terres d’exil en traçant une autoroute qui conduit nos pas à Dieu. Cela comportera un effort de pénitence qui consiste à récupérer toute l’énergie que nous mettons au service de nos vaines idoles, pour les investir dans la détermination à retrouver le chemin de Dieu.

Père Antoine TIDJANI (BIBLISTE)


Dans ma vie

Souvent, nous ne sommes pas assez disponibles aux appels de Dieu, aux signes qu’il nous donne. Et si je me plaignais un peu moins des difficultés que je rencontre ?


À méditer

  • « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6,21) ;
  • « L’homme loin de Dieu est comme un poisson hors de l’eau ».
  • Ba 5,1-9, Ps 125 (126),1-6, Phi 1,4-6.8-11, Lc 3,1-6

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