décembre 12, 2018
Questions/Réponses

Questions / Réponses

Questions de Henoc D. AZANKPAN

Qu’est-ce que le chemin du Seigneur, et comment puis-je le préparer ?


Réponse du Père Jean OUSSOU-KICHO

 

Mon frère, en ce deuxième dimanche de l’Avent, retentit la voix du prophète Jean le Baptiste. Sa mission est de préparer les cœurs à l’ère messianique. Aujourd’hui, il nous invite à préparer les chemins du Seigneur et à rendre droits ses sentiers. Mais alors, quel est le chemin du Seigneur et comment puis-je le préparer ? Il s’agit d’avoir une connaissance claire du chemin avec pour finalité de le bien apprêter. D’entrée, il faut savoir que les chemins du Seigneur, comme d’ailleurs ses pensées, ne sont pas bien souvent ceux des hommes (cf Is 55, 8-11).

Le contexte d’émergence de la première lecture et la situation socio politique du peuple auquel le prophète s’adressait, montrent que le chemin de l’homme est souvent celui du rapport du dominateur et du dominé. Avec Saint Jean Baptiste dans l’évangile, l’état du chemin à redresser est symbolique de l’état des destinataires de la Parole. Les ravins expriment le vide de Dieu en l’homme, son ignorance et sa méconnaissance de Dieu, comme l’indique Saint Paul dans la 2e lecture de ce dimanche : les Montagnes et les collines signifiant l’orgueil, les passages tortueux symbolisant la duplicité, les rocailleux figurant la dureté de cœur.

Ces chemins des hommes ne sont nullement les chemins du Seigneur, et rendent difficile l’accès de Dieu à l’homme. Le chemin de Dieu est chemin de libération et de résurrection, c’est-à-dire de nouvelle vie pour l’homme, chemin de progrès dans la clairvoyance et la connaissance de Dieu, signe des temps messianiques, chemins d’humilité par opposition à l’orgueil, de justice, de perméabilité à la grâce de Dieu. Au fond, le chemin du Seigneur est celui qui promeut la dignité originelle de l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Le chemin de Dieu, c’est l’homme tel que voulu par lui. Et cet homme, nous le découvrons dans son accomplissement total en Christ lui-même, Chemin, Vérité et Vie. En écoutant donc ces textes aujourd’hui, je dois m’appliquer à trois exercices : D’abord, rechercher, à travers un examen de conscience sans complaisance, les chemins de ma vie qui ne sont pas ceux de Dieu : le refus de pardonner, de partager et d’espérer tout comme mes résistances à certains pans de la parole de Dieu (Évangile). C’est déjà montrer qu’on n’est pas insensible à la voix qui crie dans le désert de mon cœur.

Ensuite, accepter de se convertir : passer de la tristesse morbide à la joie de l’œuvre de salut accomplie par le Seigneur : Savoir rendre grâce, malgré mes difficultés quotidiennes.

Enfin, vivre dans l’espérance joyeuse du salut prochain de Dieu. Les trois textes de ce 2e dimanche de l’Avent nous y invitent très fortement. Il nous faut semer l’espérance dans les cœurs mélancoliques, prier pour la pleine humanisation de l’homme en Dieu et devenir soi-même chemin qu’emprunte Dieu pour atteindre l’homme égaré sur les multiples voies proposées par le monde. Dieu ne peut venir à nous si nous ne venons à lui. Facilitons-lui l’accès à notre vie en quittant nos chemins de perdition pour celui du salut. Mon frère, lève-toi, et marche joyeusement vers ton salut.

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