décembre 12, 2018
Editorial

Editorial

Sursaut républicain

Il est bon de se rappeler que le 4 décembre 1958, la colonie dahoméenne devenait République dahoméenne, une étape importante vers l’indépendance de notre pays. Soixante ans après, notre héritage républicain paraît privé de souffle. Cette asphyxie semble surtout être l’effet de la déconsidération de la proposition politique de la part des citoyens qui se sentent de plus en plus tenus à l’écart de la participation à la Res publica (la chose commune) pour laquelle ils manifestent même un relatif dédain.

Pourtant, la Conférence des forces vives de la Nation avait démontré notre capacité à faire émerger une aspiration commune, durable et tournée vers l’avenir. Le résultat a été l’avènement de la Constitution du 11 décembre 1990, créant la Ve République, et qui place, pour l’essentiel, l’accent sur la responsabilité de l’État républicain à rendre possible la vie commune dans un espace où règnent fraternité, justice et travail pour tous les citoyens, comme l’atteste notre devise nationale.

Au fond, cette devise est marquée par la texture de notre histoire politique faite du douloureux problème colonial, des blessures ethniques et des dettes de réconciliation. Et on sait, peu après son indépendance politique, le Bénin a fait l’amère expérience de l’échec successif de régimes politiques éphémères, puis de la Révolution. L’établissement en 1990 d’un régime politique, de forme démocratique, a dessiné de nouveau, les contours de son existence politique sur la fraternité, la justice et le travail. Or, cette devise républicaine souvent invoquée, n’est pas assez pratiquée, alors qu’elle est l’étendard qui porte nos aspirations. En vérité, elle ne dit pas qui nous sommes, mais qui nous cherchons à être.

Pour y arriver, il faudrait que le Bénin retrouve un rapport apaisé avec son passé politique et social, qu’il ait conscience de son potentiel de développement en replaçant au cœur de chaque échelon de notre gouvernement commun, le principe de la responsabilité et de reddition des comptes. Faire ce pas est une exigence, ne pas l’admettre peut être un péril pour la République.

Serge N. BIDOUZO

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