juin 16, 2019
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Editorial

Responsabilité sociale

Comment se fait-il qu’en 2018, beaucoup de nos concitoyens vivent dans des logements précaires ou dans la rue, trouvent difficilement une ration alimentaire par jour, sont sans électricité ni eau potable, et n’ont pas les moyens de se faire soigner ? Année après année, la paupérisation grandissante de nos concitoyens souligne cruellement la difficulté de notre organisation sociale à trouver des solutions concrètes et durables contre la misère et la précarité. Cette aggravation de la pauvreté provoque le désarroi, l’amertume ou le désespoir des plus fragiles qui sont laissés pour compte et perdus dans l’oubli. Voulons-nous vraiment combattre la misère et l’exclusion dans notre corps social ?

Bien entendu, la situation de précarité sociale ne date pas d’hier. Mais, faut-il pour autant rester sans rien faire ? Il est essentiel d’agir. La tendance ne pourra être inversée que par des efforts constants et des actions concrètes. De la part des politiques qui prétendent souvent lutter contre la précarité, mais ne s’en donnent pas vraiment les moyens. Il leur faut mettre en tête des priorités de développement, la protection sociale, et plus largement l’action sociale : veiller à une meilleure égalité des chances où l’éducation et l’accès à l’emploi sont primordiaux.

Hasard du calendrier parlementaire, au moment où l’Église célèbre la 2e Journée mondiale des pauvres, l’Assemblée nationale examine le projet du budget général de l’État, exercice 2019.

À ce sujet, les députés doivent insister sur le volet social du projet, un enjeu majeur pour la cohésion sociale. Car une société juste, précisait John Rawls, doit juger toute politique publique en fonction de l’amélioration du sort des plus démunis.

Mais cette action politique ne suffit pas. Le développement social suppose la mobilisation et l’implication sincère des forces vives de la société civile. C’est pourquoi l’Église, à travers Caritas-Bénin, s’engage depuis plus de soixante ans en faveur des personnes les plus démunies. Elle encourage des initiatives solidaires concrètes pour davantage de justice sociale. Cette dimension pratique est même constitutive de sa pensée sociale.

Serge BIDOUZO

Directeur de publication

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